Possimpible 2
Jeudi, 08 Décembre 2011 01:47 -

Tags: dinamo zagreb | exploit | Gomis | Ligue des Champions | Lyon | possimpible

 

Marseille avait montré la voie, Lyon l’a magnifiquement suivie. Le possible et l’impossible se sont à nouveau croisés, à Zagreb et Amsterdam. Gros craquage de Lille contre Trabzonspor. Résumé de cette fin de phase de poules.


Il n’y avait aucune chance pour que ce Dinamo Zagreb-Lyon apporte un quelconque enseignement. Mais comme on est fidèles, on s’est quand même débrouillés pour choper Foot+ et regarder ce baroud d’honneur en C1, histoire de savourer ces derniers instants dans l’élite européenne. Mais quand on a vu la compo de l’OL, on s’est dits que Rémi Garde ne faisait même pas semblant d’y croire : Lisandro, Réveillère et Källström sur le banc, Fofana, Dabo et Gomis titulaires, ça sentait fortement la démobilisation masquée.


Malgré quelques occases, Lyon n’arrivait d’ailleurs pas à se débloquer et le carton rouge de Leko à la 28e ne lui permettait même pas de prendre l’ascendant (enfin, pas tout de suite). Pire que tout, on a même vu les Croates ouvrir la marque sur une action honteuse pour Cissokho et la défense lyonnaise, malgré deux arrêts de fou furieux de Lloris. Être mené chez une équipe en vacances, à dix, et alors qu’on doit mettre 6 ou 7 buts, c’est ce qui s’appelle « être mal embarqué ». Mais, à l’image de Marseille la veille, le but inattendu de Gomis juste avant la mi-temps allait être LE tournant du match, d’autant qu’à ce moment-là, le Real menait 2-0 chez l’Ajax (malgré deux buts refusés aux Néerlandais).


Tout allait alors changer. Lyon était transfiguré au moins autant que le Dinamo était paralysé et diminué par son carton rouge. 2-1, puis 3-1 dans la foulée sans même qu’on ait pu voir le but en direct et voilà que l’exploit était en route. Enfin, il restait du chemin et un but de l’Ajax aurait tout relancé. Mais tout s’est goupillé comme jamais avec une spectaculaire conjonction d’évènements improbables et favorables, aussi bien en Croatie qu’aux Pays-Bas. Quand Lisandro a remplacé Lovren (Claude, si tu nous lis, on sait que tu aurais fait l’inverse), on a compris que les chevaux étaient lâchés.


Lâcher, c’est exactement ce qu’ont fait les joueurs du Dinamo : quasiment arrêtés sur chaque action, ils laissaient les Lyonnais entrer dans leur surface comme dans du beurre. Quatre, puis cinq, puis six buts avec le quadruplé de Gomis, le tout en 25 minutes, et c’était une grande partie du stock de moule annuel qui était entamé. Dans le même temps, l’Ajax ne parvenait pas à marquer ce but qui aurait pu tout changer, jusqu’à la fin. Ou plutôt, jusqu’au 7e but de Jimmy Briand (un plat du pied parfaitement placé, comme quoi c’était ce mercredi soir ou jamais), qui mettait l’OL presque définitivement à l’abri (1-7). Les quinze dernières minutes furent une parodie de match (dans un autre style que les trente précédentes) où Lyon conservait le ballon dans son camp en croisant les doigts. Et il a même pu les décroiser avant la fin, lorsque Callejon a emballé et pesé le tout à Amsterdam (0-3). Il parait que tout est possible en football. Il faut croire que c’est du sérieux.


Toute autre ambiance du côté de Lille-Trabzonspor où les Lillois auront été fidèles à leurs cinq matchs précédents : une domination sans partage mais un manque de réalisme effroyable, le tout pour une désillusion aussi grande qu’inattendue. Parce que s’il y a bien un club français qui pouvait passer à l’aise, c’était le LOSC. Mais même contre des équipes farce, à ce niveau-là, il faut savoir tuer les matchs, ce que les Dogues n’ont jamais su faire cette saison. Pire que tout, à cause du but de Berezoutski qui a qualifié le CSKA Moscou à cinq minutes de la fin à Milan (1-2), Lille se retrouve dernier et quitte purement et simplement la coupe d’Europe, sans qu’on ne sache trop comment. C’est le métier qui rentre…


Et on était loin d’être au bout de nos surprises dans cette soirée puisque, dans le groupe A, Naples s’est qualifié en infligeant une sixième défaite à Villarreal (0-2), extrêmement décevant dans cette compétition, ce qui relègue Manchester City (pourtant vainqueur du Bayern 2-0) en Ligue Europa avec la bagatelle de dix points ! L’argent ne fait donc pas tout.


Enfin, dans le groupe C, énorme performance de Bâle qui élimine Manchester United sans qu’il n’y ait rien à redire (2-1). Chanceux mais tellement plus déterminés, les Suisses auront profité des largesses des Red Devils dans la préparation de leurs matchs, à l’image d’un Sir Alex Ferguson se moquant d’un journaliste ayant osé évoquer une possible élimination. Rira bien qui rira le dernier… Benfica, lui, termine premier de la poule et attendra sereinement le tirage au sort du 16 décembre prochain. Il ne sera pas le seul.


PP

 

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