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Les héros de 98 sont encore partout : tous ou presque rassemblés derrière ce mystérieux lobby 98. Sur le terrain encore pour les derniers des Mohicans, sur un banc d’entraineur pour les plus précoces, à vendre des piscines en Bretagne pour Stéphane Guivarch, à faire le tapin pour Danone pour Dieu himself ou bien consultants TV avec plus (Duga) ou moins de succès (I said captain)…Mais ou-es tu toi Vincent Candela ? Qui es-tu d’ailleurs ?
L’ombre bleue Pour le commun des footix, Vincent Candela est sans doute l’un des footballeurs les plus méconnus de la bande à Jacquet. Il est avant tout l’ambianceur de service, une sorte de sympathique GO comme il en existe des milliers au club Med. Il est ce remplaçant devant l’éternel dont le principal fait d’arme reste l’introduction du désormais mythique « I will survive » dans le vestiaire des bleus. Il est celui qui avait prédit, par une étouffante soirée d’été au SDF, le tir au but sur la barre de son coéquipier romain Luigi Di Biagio d’un « Tu vas voir la mine qu’il va mettre !» rentré dans la postérité…Une sorte de porte-bonheur finalement. Il est l’ami des stars, leur compagnon de partie de cartes endiablées, bien loin de la génération PES/RAP. Son plus grand tort aura en fait été de débarquer en EDF au bon moment (ou plutôt au plus mauvais) : il était là en même temps que la plus grande défense que l’EDF n’ai jamais connu. Une défense qui n’a tout simplement jamais connu la défaite sous le maillot bleu. On ne change pas une équipe qui ne perd pas, on n’apporte pas de pièces rapportées à une défense qui ne prend pas de buts. Difficile d’exister dans l’ombre de Liza. Cruel, vraiment cruel pour ce joueur exemplaire qui compte tout de même quarante sélections en EDF. Le remplaçant parfait en quelque sorte : toujours bon lorsqu’on fait appel à lui mais pas du style à aller réclamer quoi que se soit dans la presse (hein Karim ?). Et pourtant…

La lumière Romaine Et pourtant, son statut romain aurait pu l’amener plusieurs fois à demander plus. Révélé sous les couleurs de l’EAG comme beaucoup d’autres, il fait partie de la première génération dorée guingampaise (celle des Guivarc’h, Carnot, Rouxel et de l’indéboulonnable capitaine courage Coco Michel) et participe à la première épopée du club en Coupe d’UEFA, tombant avec les honneurs face à l’Inter Milan d’un certain Ronaldo. Candela impressionne et gagne son billet pour ce qui est alors le meilleur championnat du monde : l’AS Roma le recrute pour une poignée d’anciens francs. Le début de la métamorphose. Physique d’abord, Vincent, le petit français, va devenir Candela, le romain, cheveux longs, bandeau, gel et tutti quanti…Footballistique ensuite, Candela va s’épanouir pendant huit ans dans le 3-5-2 romain. Un schéma de jeu audacieux et joueur qui faisait reposer le jeu sur…Francesco Totti évidemment mais aussi sur l’animation des couloirs. Candela devient très vite le pendant à gauche de la mobylette Cafu, avec de vraies responsabilités offensives. Il ramène même le scudetto au Stadio Olympico, dix-huit ans après le précédent, avec ce qui reste une des plus belles équipes de la Roma, celle de maitre Capello et des Totti, Aldair, Montella, Delvechio, Batistuta…
Il est difficile de se rendre compte à quel point Candela est adulé dans les travées des Curva du Stadio Olympico. Il n’y a que peu d’équivalent chez nos français expatriés. Vieira peut-être du côté de l’ex-Higbury. Et encore…Vincent Candela lui aussi à sa chanson. Son jubilé en juin dernier, le soir même de l’inutile France-Turquie, fut tout simplement grandiose : 50 000 spectateurs, arrivée des joueurs en chars romain, casting correct (Zizou, Totti…), des buts et une victoire de la Roma sur l’EDF.
Comme un symbole de sa carrière où sa vie en club aura toujours pris le dessus sur celle en Bleue. Quasi-inconnu en France, empereur à Rome. Nul n’est prophète en son pays.
T.C.
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