The flowers of Manchester
Mardi, 28 Décembre 2010 07:51 -

Tags: Busby | Busby Babes | Charlton | Crash | Edwards | Manchester | Munich | United

 

Le 6 Février 1958 se déroulait l’un des pires drames de l’histoire footballistique : le crash du vol 609 de la British Airways. La tragédie de Munich décimait l’équipe de Man United et immortalisait l’histoire des « Flowers of Manchester »*. Plus d’un demi-siècle plus tard, entre réalité romanesque et fables au conditionnel, la légende des « Busby Babes » continue de fasciner.

On dit des légendes qu’elles voyagent sur les aiguilles du temps. Un demi-siècle plus tard, les Busby Babes sont toujours là. Dans les mots de Bobby Charlton. Dans le vent de gueux qui balaye la statue de Duncan Edwards à Dudley Town. Sur le vitrail de la St Francois’s Church ou les briques rougement british d’Old Home Trafford. Autant de restes, autant de micro-images qui témoignent d’une légende dont on douterait de l’existence. Car les Busby Babes, et leur étoile Edwards, ont traversé l’histoire comme la comète de Halley. « Quand la légende est plus belle que la réalité : imprimez la légende » disait John Ford dans Liberty Valance

 

L’Europe à leurs pieds

Il est 15h04, le 6 Février 1958, quand le vol 609 hasarde à s’extraire du tarmac transi du Flughafen München Riem. Au carrefour des destins. Trois perles ont eu raison de l’Etoile Rouge à Belgrade (3-3) pour accéder aux demi-finales de la Coupe d’Europe. Un an après la leçon de Madrid, United est près pour grimper sur le toit continental. L’avion qui les ramène au Royaume doit s’envoler vers un ciel bleu et paisible. Celui de la gloire et de l’intouchabilité. Mais à l’époque, les voyages européens sont souvent plus cahoteux que les bubble trips d’aujourd’hui. Dans une Bavière en période glacière, le plafond floconneux va s’effondrer sur Old Trafford et souffler les rêves de gloire mancuniens.

 

L’escale à Munich s’éternise : après deux tentatives de décollage infructueuses, tout le monde remonte à bord. L’avion prend de la vitesse mais n’arrive pas à quitter le bitume tapissé de neige fondue. Incontrôlable, il poursuit sa route jusqu’à s’enquiller dans une maison. Huit Busby Babes périssent sur le coup. Duncan Edwards succombera de ses blessures, deux semaines plus tard. L’accident fait 15 autres victimes donc Tom Jackson, journaliste au Manchester Evening News et inventeur de l’expression Busby Babes

 

Une vraie philosophie

Le reste appartient aux passionnés d’uchronie. Flash-back. En 1958, les boys de Busby viennent de remporter les deux derniers championships, finissant la saison 1956-57 invaincus at home, et coiffant le Charity Shield. Au moment du crash, ils sont toujours en course pour un threepeat historique, à six points de Wolverhampton (14 matchs restants à jouer). Mais la plupart des Busby Babes n’ont que 20 ans. Leur sont promis une décennie de domination, une flopée de titres et les records.


Aujourd’hui subsistent des « si ». Des spéculations. Et la douce illusion d’une philosophie de jeu novatrice et admirée par tous. Un goût immaculé du « vers l’avant », pioché dans l’insouciance de l’âge et les valeurs héritées d’un manager-père – Matthew Busby, qui inspira des générations de Shankly jusqu’à Fergie. A une époque où les transistors n’existent pas, où la FIFA vient tout juste de sculpter la Coupe d’Europe, et à laquelle seul le cercle des champions nationaux participe, United illusionne les foules. Ils sont les pionniers du jeu anglais en Europe. Et possède un génie.


Ici né Manchester United

« Duncan Edwards est toujours resté pour moi le meilleur joueur que j’ai jamais vu sur un terrain. […] Physiquement c’était un géant. Il était à la fois très puissant et avait une compréhension du football hors du commun. C’était le joueur complet par excellence. Aujourd’hui il n’aurait pas de prix » dixit Bobby Charlton. Edwards était unique à tel point qu’il pouvait jouer à n’importe quel poste, commençant attaquant de pointe, finissant libéro ! Selon Charlton et Busby, The Tank était destiné à dépasser Pelé et aurait dû soulever le trophée Jules Rimet à la place de Bobby Moore en sixty-six… Si ça n’avait été en 1958…

 
La vie reprendra après Munich. Dix ans plus tard, les Red Devils de Busby allaient devenir le premier club anglais au sommet de l’Europe, minant Benfica (4-1) à Wembley. Parmi eux, George Best, Denis Law et quatre survivants du crash : Bill Foulkes, Harry Gregg, Dennis Viollet et Bobby Charlton. Matt Busby crevait son désir, son obsession. Mais Wembley n’effacerait jamais Munich. Il y avait perdu une partie de lui. Ses enfants. Qu’il avait fait venir en équipe première. Qu’il avait élevé. Et Manchester avait perdu l’équipe la plus exceptionnelle de son histoire.

M.P


* En 1962, The Spinners ont rendu hommage aux Busby Babes. Le dernier couplet est le plus émouvant : « Oh, England’s finest football team, its record truly great / Its proud successes mocked by a cruel turn of fate / Eight men will never play again, who met destruction there / The flowers of English football, the flowers of Manchester ».

 

 

Commentaires  

 
0 #1 Tom 28-12-2010 11:09
Beau...
Manque la petite Réf à la Munich memorial Clock... qui, et je viens de le découvrir, n'est pas bloquée sur l'heure du crash de l'avion... :o
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