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BeFoot continue son pèlerinage en retournant au Canada. Pays du hockey et du sirop d’érable, le bucheron québécois s’intéresse de plus en plus au ballon rond. Au point de créer un nouveau genre de football. Explications....
Atmosphère surchauffée
Hiver 2010, Laval, banlieue de Montréal. 30 cm de neige sur l’autoroute 15 Nord, -29°C au thermomètre, nous nous rendons au complexe indoor principal de la QCSL « Québec Calceto Soccer League ». Lieu d’un improbable mélange hockey-soccer, le complexe est surchauffé, comme pour mieux entretenir les nouveaux immigrés algériens et haïtiens cherchant l’eldorado canadien (vous me direz c’est toujours mieux que de reconstruire sa maison...).
On y croise des fans du Canadien, l’équipe mythique de la National Hockey League, des inconditionnels de l’Impact de Montréal, l’équipe de foot locale ou encore des nostalgiques des Expos, ancien pensionnaire de la Ligue Majeure de Baseball. En gros, personne n’y connaît rien au football...tout le monde se prend pour Cristiano Ronaldo, et c’est là que le gros problème survient : remplacer des patins par des crampons n’est pas donné à tout le monde.
Tous sont donc fans de « Soccer Rapide », et en particulier de la compétition organisée par la QCSL : la QCSL World Cup. Cette compétition s’inspire de notre vraie « Coupe du Monde » : 17 équipes nationales s’affrontant dans un mini-championnat, suivi de Play-offs pour les 8 meilleurs « team ». Une finale jouée devant une centaine de spectateurs, et retransmise en directe sur le web. Incroyable !
Mi-Football, mi-Hockey
Mi-football, mi-hockey, nos cousins outre-Atlantique ont mis au point une bizarrerie footballistique. Faux maillots nationaux made in China, drapeaux hissés fièrement à chaque rencontre, on s’affronte dans une patinoire, recouverte pour l’occasion d’une pelouse synthétique dernière génération. Le terrain, délimité par des vitres en plexi, est le témoin d’un combat entre deux équipes, portant les couleurs de leur équipe nationale préférée. Aujourd’hui, hasard du calendrier : France-Algérie.
6 contre 6, les joueurs suivent une tactique et un positionnement très « hockeyen ». On préfère changer les lignes et remplacer deux joueurs d’un coup. Les rôles sont prédéfinis et chacun doit se contenter de suivre à la lettre la tactique américaine : le défenseur agresse, l’attaquant dribble, ou du moins essaye... Aucun arrêt de jeu, c’est à l’entraineur d’anticiper le meilleur moment pour « switcher » sa défense ou son attaque. On joue un « Une-Deux » avec le plexi, on est interdit de tacler, on joue en « powerplay » lorsque l’adversaire commet une faute... Le jeu se veut rapide, spectaculaire, technique et propice à de nombreux buts.
Chaque action est comptabilisée par la table de marque : les arrêts du gardien, les interceptions pour le défenseur, les « assists » pour le n°10 ou encore les filoches pour les attaquants. Amérique du Nord oblige, chaque action individuelle est classée et récompensée. Le MVP (Most Valuable Player) QCSL a même le droit à sa mini réplique de notre bon vieux Trophée Jules Rimet.
Personne n’échappe au hockey à Montréal
L’histoire veut que le « Soccer Rapide » soit né d’une combinaison ingénieuse entre Football à l’Italienne et Hockey Local. Le hockey, à Montréal, est une religion. Personne n’y échappe, et surtout pas un jeune immigré souhaitant au mieux et au plus vite s’intégrer dans la patrie du zizou local : Sydney Crosby. Les immigrés européens, les italiens en particulier, ont façonné l’histoire de ce jeune pays et ont eu l’intelligence d’adapter leurs traditions et leurs rites en fonction des habitudes et art de vivres locaux. Le « soccer rapide » en est la parfaire illustration. Italiens, Canadiens, Français, Haïtiens, maghrébins ou Chiliens mélangent de belle manière le ballon rond aux tactiques du sport de glace, sans jamais de mises en échec !
Ha oui, pour la petite histoire le match France-Algérie s’est terminé par une nette victoire des tricolores, 9-3... Aucune émeute cette fois !
M.B