Hooligans
Mardi, 25 Janvier 2011 18:47 -

Tags: angleterre | Cass | hooligan | ICF | violence | West Ham


Sans transition, UK. Le livre de la semaine anglaise s’appelle « Congratulations, you have just met the I.C.F. », écrit des mains de poète de Cass Pennant. En fait, le livre est sorti en 2002, mais il y a de grandes chances qu’il ait rencontré quelques difficultés à passer la Manche. Récit.


Ceux qui ont vu le film Green Street Hooligan avec Elijah Wood y trouveront des airs de famille : Upton Park, Green Street, The Tube, Millwall… Sauf que là la fiction n’avait pas encore rattrapé la réalité. Cass Pennant nous livre ses mémoires et celles de ses mates sur les années d’or du hooliganisme britannique. Pennant, Gardner, Bunter (…), autant de légendes des terraces dans les seventies et les eighties. Eux et leurs potes se réunissaient sous un seul et même nom : InterCity Firm. West Ham United.


ICF. Trois lettres qui font peur. Trois lettres, synonymes de violence, profondément enracinées dans le patrimoine british. La pire – ou la meilleure, selon comment on voit les choses – firm hooligans de tous les temps. En tout cas l’une des plus respectées, et certainement la plus connue. Dans les années 70 et 80, la Red Army de Man United et les Headhunters de Chelsea faisaient les headlines de la presse anglaise, mais une firm se dégageait du lot : West Ham. Terriblement vicieux, brillamment organisés, mieux stylés et profondément fêlé… Le ICF furent les premiers à trouver dans le style « casual » un moyen de se fondre dans la masse et de contourner les sentiers battus. Les hooligans allaient s’approprier les marques Stone Island, Fred Perry, Ben Sherman, Lonsdale etc.

Dans les seventies, dès qu’on évoquait West Ham, les gens pensaient intuitivement « ICF » et non aux exploits sportifs de l’équipe. Ces hommes ont écrit leur propre histoire et leur propre culture en prenant l’InterCity Train les menant défier leurs pairs aux quatre coins du pays. De Green Street jusqu’aux rues de Liverpool, des escapades au Pays de Galles ou en Ecosse, des matchs de la nationale « aux côtés » des autres firms, des nuits de violence à Brighton ou Newcastle, de la prise du Shed de Chelsea, de l’extrême violence contre Millwall jusqu’aux affrontements avec les Yids ou la Red Army, Cass Pennant nous plonge dans un monde brutal et fascinant où la réalité aurait presque des traits de fiction. Et non le contraire. L’histoire du hooliganisme « propre » des 70’s puis de l’excès de violence et l’éclosion d’un mouvement plus structuré dans les 80’s. L’époque (heureusement) révolue où les hools faisaient les unes chaque Lundi matin au côté des résultats des clubs. Deux mondes qui se côtoyaient d’un lien tiré par les cheveux.

Si les mots sont élogieux pour ce qui ne mérite peut-être pas de l’être, c’est que beaucoup d’anglais ont fait de ses hommes des idoles. Cass Pennant, Jason Marriner, Tony O’Neill, Gary Robson, Trevor Tanner (…), autant de personnalités notoires, aujourd’hui rangées, et qui ont sorti les mémoires de ses firms qui ont fait le football des terraces. Si les anglais ont aujourd’hui réduit considérablement les scènes de violence autour des stades, le foot des terraces des seventies et eighties perdurent dans l’imaginaire des brits et fascine encore et encore, entre admiration et aversion.

Passez les préjugés et basculez dans un monde à part. Plus qu’une histoire, mieux qu’un roman de fiction, rencontrez le ICF vous amène à côtoyer un mode de vie et une culture aux antipodes de toute raison.

M.P.

 

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