Tags: brésilien | Cocaïne | josé touré | légende du lundi | Nantes
Amis du lundi bonjour,
La légende de cette semaine est un gars cool, un mec qu’on a envie d’inviter à l’apéro. Il est le Laurent Boyer des journalistes sportifs, il tutoie Valbuena et Laurent Leroy, il est l'interviewer cool qui met les footballeurs à l'aise : c’est José ! Il accueille les confessions incroyable de nos footballeurs préférés. « Alors comme ça tu as un slip fétiche… ben oui, à partir de là je crois que je mets toujours le même slip pour les matches de coupe d'europe… C'est dingue!». « Alors comme ça, tu es plutôt déconneur… ben oui je crois qu'à partir de là je raconte souvent des blagues de toto… Toto! C'est dingue en exclu pour C'est José". Faites une place dans votre canapé pour José Touré.
Né le 24/04/1961, José va faire ses classes chez les Canaris. Très vite, il devient un élément incontournable. Redoutable numéro 9 à ses débuts, flanqué de ses deux ailiers Bruno Baronchelli et Loïc Amisse, il gagne le championnat de France en 1980. Avec l'arrivée de Vahid Halilhodzic en 1981, il descendra d'un cran pour être milieu offensif. C’est à ce nouveau poste qu’il gagne son surnom de brésilien tant il enchaîne dribbles et jonglages fantasques, avec notamment un but d'anthologie lors de la finale de la Coupe de France malheureusement pour lui remportée 3-2 par le PSG.
L'année suivante, il devient champion olympique à Los Angeles avec l’équipe de France espoir contre le Brésil. Il intègre ensuite l'équipe de France championne d'Europe en titre. De 84 à 86, Il atteint son meilleur niveau, en équipe de France comme en club. Titulaire au côté de Rocheteau, il participe avec Platini à la qualification des Bleus pour la Coupe du Monde au Mexique. La même année, il qualifie le FC Nantes pour les quarts de finale de la Coupe d'Europe en trompant le meilleur gardien du monde de l'époque, le moscovite Rinat Dasaev.
À quelques mois de la Coupe du monde, il se blesse gravement au genou lors d'un match de Coupe d'Europe contre l'Inter Milan. Il offre du coup une place dans le groupe France à un petit attaquant ch’ti qui commence à se faire remarquer au FC Bruges : Jean-Pierre Papin. Éloigné des terrains pendant six mois, il est malgré tout transféré aux Girondins de Bordeaux, le club du président Claude Bez (… toute la journée et ça fatigue un peu sa femme).
Il est alors entraîné par Aimé Jacquet et retrouve d'autres jeunes de l'équipe de France comme Jean-Marc Ferreri ou Philippe Vercruysse. Il retrouve progressivement le haut niveau et devient champion de France en 1987. Malheureusement pour lui, ce n'est pas cette courte carrière plus d'honorable couronnée de titres nationaux et d'une médaille d'or olympique que l'on retiendra mais plutôt sa lente descente aux enfers.
Deux petites années à Bordeaux et José est transféré pour 20 millions de francs à Monaco. Son compte en banque gonfle et son melon aussi. José préfère la lumière, les paillettes du show-biz et le monde de Saint-Tropez au terrain d'entrainement de La Turbie. En même temps le champagne et les jolies filles c'est plus sympa que les fractionnés à 8h du mat et les tacles de Claude Puel . Sous les couleurs de Monaco, José Touré fut le joueur le mieux payé de l'Hexagone. 800 000 francs mensuels que ses « amis » se chargeront de dépenser avec lui. « Une seule valeur sûre régnait sur mes nuits et celles de mes complices de dérive, la coke, cette pute, si chère et si froide... », explique-t-il dans son autobiographie-thérapie, Prolongations d'enfer.
Quand on monte si haut, la chute est parfois brutale. José Touré passera à travers une verrière chez des amis bordelais. Manquant d'y laisser sa peau, il se noiera dans l'alcool et finira même en prison à Tours. Quatre mois de pénitence. Vivre à Tours 4 mois c'est déjà dur alors dans une prison, imaginez un peu l'angoisse. Ruiné par son « père adoptif », un certain Claude Berquez, celui qui devait gérer son portefeuille, José Touré sera abandonné par le milieu du ballon rond.
Seul Jean-Claude Darmon, à l'époque grand argentier du football français, lui tendra la main et l'embauchera pour... 5 000 francs mensuels. « Je dois comprendre comment la star, le Brésilien, l'enfant du soleil se retrouve là, à l'ombre, chez les rejetés, les mal-lotis, les mal-partis, les pas bien arrivés », expliqua alors Jean-Claude Darmon.
L'enfant de Blois mettra des années à se reconstruire. Après quelques années d'errance et des piges dans certains clubs de seconde zone et une petite condamnation pour coups et blessures sur son ex femme en 2005, il a fini par partir en cure de désintox chez Canal, là où on tend toujours la main aux vieilles gloires. Il intègre donc l'équipe de consultants de Canal + et anime à la mi-temps des matchs la fameuse émission "C'est José" où il va voir dirigeants et entraîneurs des clubs retransmis.
Sa fabuleuse propension à toucher ses interlocuteurs assortie d'une proximité verbale pour le moins cavalière en font un des animateurs préféré du public de la chaîne cryptée. À l'automne 2006, il intègre également l'équipe DKP sur RMC, grâce à sa grande copine Maryse Ewanjé-Epee, avec qui il anime sa propre émission également sur 17 radios en Afrique et en France : Chez José. Depuis l’arrêt de C’est José, on a quand même un peu de mal à suivre sa trace.
Mais quoi qu’il en soit, José Touré a trouvé une nouvelle voie et suit sa nouvelle ligne de conduite… moins poudreuse cette fois ci.
À lundi prochain !
PL