La Légende du Lundi
Lundi, 05 Décembre 2011 04:47 -

Tags: bronze | laurent paganelli | légende du lundi | micro | paga | saint etienne | simplement

 

Amis du lundi bonjour,


Parfois, la légende est tellement évidente qu’on ne la voit pas, elle se promène au bord des terrains tous les week-end sous nos yeux avec son trop grand casque et un micro, elle rigole bêtement à ses propres blagues et elle essaye de parler anglais avec Joe Cole… What do you pense of your équipe ? You did a bon match, ok ? Voici l’éternel espoir, la légende Laurent Paganelli.


Laurent Paganelli fait ses débuts à la MJC Avignon. Pierre Garonnaire repère très vite son sens du dribble et, à 15 ans, il devient  le plus jeune joueur aligné pour un match de D1 et au Parc des Princes en plus. Joueur fantasque et hyper talentueux, Laurent Paganelli incarne l’avenir de l’ASSE qui vient de renouveler profondément son effectif. Fini les footballeurs de la vieille génération des Jean-Michel Larqué ou Revelli. Saint-Etienne, qui vient de perdre le titre pour la deuxième année consécutive, souhaite renouer avec la légende encore vivace. Le stratège lorrain Michel Platini débarque dans le Forez accompagné de Johnny Rep le feu-follet bastiais.


En cette saison 78/79 les verts, espèrent bien renouer avec le passé grâce à un recrutement premium mais c’est le Racing Club de Strasbourg qui deviendra champion. Paga est néanmoins dans toutes les têtes et promis à un grand avenir. En 1981, il gagne enfin un titre de champion, le dernier des verts après une décennie de légende, mais perd face à Bastia en finale de Coupe de France. Paga goute à la Coupe d’Europe et participe au légendaire 5-0 sur le terrain de Hambourg. Mais déjà , on sent le gamin lassé, peinant à justifier les espoirs placé en lui. Alors que l’affaire de la caisse noire éclate en 1982.


Il fait une dernière saison en vert avant de sombrer définitivement, à 21 ans seulement : « J’ai pas été capable d’assumer mon histoire, je n’ai pas su faire et j’étais tout seul. Je crois aussi qu’à un moment, les journalistes m’ont cassé les couilles. Ce qu’ils admiraient chez moi, le côté bohème, s’est transformé en manque de professionnalisme » tente-t-il d’expliquer aujourd’hui. Le virage des années 80, vers la rigueur tactique et le jeu physique, est difficile pour le blondinet d’1,60m au look de moniteur de ski. La tempête médiatique autour d’un club en perdition n’arrange rien…


Paga quitte Saint-Etienne, retourne alors dans le sud et pose ses valises à Toulon. « J’avais le choix entre Toulon et Auxerre. Avec Guy Roux j’aurais peut-être rebondi, mais j’avais envie de retourner dans le sud ». Sous les couleurs or et azur, Paga est comme un poisson dans l’eau… enfin surtout pour l’extra-sportif. Avec « des mecs bonnards », il trouve les partenaires idéaux pour la coinche et la pétanque : Christian Dalger, Delio Onnis, Bernard Pardo, Bernard Casoni, sans oublier l’inénarrable Rolland Courbis, c’est toute une époque.


Le Sporting vacille en D1, entre l’Europe et le maintien. Paga y passera 5 bonnes années, à s’éclater. Du Stade Mayol, il ne gardera que peu de souvenirs, préférant la vie facile d’ex-star : « Mentalement je ne jouais déjà plus au foot. Je savais que ma carrière était terminée ». En 1988, la belle histoire prend fin, le club ne peut plus assumer ce boulet sportif…


Paga part faire une pige à Grenoble, mais au bout d’un mois, il craque et annonce à ses dirigeants qu’il abandonne. Au bout du rouleau, Paga reste comme le symbole de l’enfant star qui n’a pas confirmé malgré un talent considérable, une sorte de José Touré stéphanois.


Avec sa fin de carrière, c’est la dépression. Paga rentre à Avignon où, par intermittence, il tape le ballon au club. Seul Pierre Garonnaire le soutient : « Je ne m’attendais pas à ce que le milieu du foot me soutienne. Dans ces situations, tu te planques, tu ne le chante pas sur tous les toits. Personne n’était au courant ». Dans le Vaucluse, Paga  sort la tête de l’eau et devient éducateur : « J’étais frustré par ma carrière trop courte. Je voulais y retourner, enlever cette mauvaise image du foot, savoir comment il fonctionne. »


Revanchard, il se fait introduire (par Olivier Rouyer sans doute J ) à Canal + en 1996. La chaine,  grande spécialiste des causes perdues et de la réinsertion de footballeurs égarés, l’engage et il débute à 1 500 frs le match. Petit à petit, il gravit les échelons et aujourd’hui il est l’homme de terrain de Canal, le nain de jardin préféré des pelouses de Ligue 1. Loin des trop policés Pierre Perronet et autre Vincent Hardi, Paga tranche par son audace et son impertinence. Conscient que ses questions sont souvent idiotes, c’est le métier qui veut ça, il en joue et en abuse, tout sur la rigolade.


Sa connaissance du milieu et des clubs lui permet de faire passer n’importe quelle vanne. « C’est un mec totalement incontrôlable » décrivent ses collègues, doublé « d’un égo à gérer ». Mais comme le public suit… ses patrons suivent aussi : « Dans la chaine il a des droits que personne d’autre ne possède. Il bosse en solo et fait à peu près ce qu’il veut » raconte Cyril Linette… un peu comme pendant sa courte carrière de footballeur.


En 2007, il prête sa voix aux commentaires de PES 2008, la consécration quand on sait qu’il a travaillé avec le chef du gang des prénoms de famille, l’immense Christian Jeanpierre. En décembre de la même année, il rejoint Laurent Ruquier sur Europe 1 afin de participer à l'émission On va s'gêner. En mars 2008, il s'engage dans les élections municipales à Avignon sur la liste du maire Marie-Josée Roig et est élu au conseil municipal. En 2008-2009, une rubrique lui était consacrée dans le Canal Football Club : Le défi de Paga. Chaque dimanche soir et en direct depuis un stade de Ligue 1, il devait réaliser un défi insolite… C’était tellement drôle qu’on lui a demandé de ne plus le faire. Le 24 avril 2009, il crée l'évènement sur le plateau du Grand Journal de Michel Denisot, en se mettant intégralement nu lors de la promotion de son livre après l'avoir fait quelques minutes plus tôt dans l'émission « Fabulous sport » de Darren Tulett.


Darren d’Angleterre qui apprécia sans doute cet hommage à la vieille coutume anglaise qui consiste à courir nu sur les terrains de foot… N’importe quoi les rosbifs. Il est le parrain de la première section sports (2008-2009) de l'école de journalisme de Nice (EDJ) car journaliste dans le monde du foot, ça veut dire retraité.


À lundi prochain…


PL

 

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