La Légende du Lundi
Lundi, 06 Février 2012 04:49 -

Tags: Allemagne | bayer leverkusen | carsten ramelow | légende du lundi | loser | poulidor | vice champion

 

Amis du lundi bonjour,


En France, à la différence des Allemands, Anglais, Américains… en fait à la différence de tout le monde, on n'aime pas les vainqueurs. On aime pas la force et l'assurance qui se dégage des vrais champions, on n'aime pas le sportif qui dira "moi je veux être le meilleur du monde", "Je veux tout gagner"…  ce qui n’a pas de sens car si ce n'est pas le cas, il vaut mieux rester à la maison. C’est le fameux syndrome de Poulidor , le cycliste qui terminait toujours deuxième du tour de France mais qui avait une plus grosse cote de popularité en France que le Père Noël.


On aime bien Zidane parce qu'il ne dit rien fort mais Zidane était comme Tony Parker ou Benzema aujourd’hui sauf qu'on ne l'entendait pas dire "je vais être le meilleur du monde". On n'aime pas que ces athlètes nous rappellent que l'on a des vies de merde et qu'on devrait sortir nos gros doigts de… nos canapés pour aller faire du sport.


On se tripote quand Calais arrive en finale de la coupe de France sans se poser la question de savoir pourquoi la finale de la Cup anglaise se joue presque toujours entre deux club de Premier League voire du Big 5 (MU, Arsenal, Liverpool, Chelsea, Manchester City)… Ben peut être parce que le niveau de leur championnat est meilleur et qu’ils ont la gnac… aaaah oui pas con.


C'est aussi pour ça que l’OL n’était pas aimé au moment de sa domination sans partage des années 2000. Au lieu de se féliciter d'avoir une belle locomotive dans le championnat de France, on jalousait et on critiquait une équipe et un président (un peu grande gueule, c’est vrai)  dont le seul tort était de vouloir finir 1er tous les ans. Heureusement que ces choses changent et que les Français apprennent la gagne dans les championnats étrangers sinon notre coq n’aurait pas d’étoile sur sa tête.


Restons dans le Poulidorisme (la maladie du second), traversons le Rhin, remontons das autobahn vers le nord, direction la Ruhr puis prenons la ausfart Süd 13 pour rejoindre la légendaire BayArena.  La BayArena de Leverkusen est comme son nom l'indique le fief du club de Bayer, le géant de la chimie : le Bayer Leverkusen.


Ce club, qui aujourd hui ne ressemble plus à grand-chose, a connu ses heures de presque-gloire dans la fin des années 90 et début 2000. Mis à part quelques « accidents » de parcours comme un coupe UEFA en gagné en 1988 et une coupe d'Allemagne en 1994, le Bayer a ensuite eu un parcours de second quasi parfait de quoi faire rêver le public français. Arrivé à Leverkusen en 1996, notre légende de la semaine, Carsten Ramelow, aura accompagné pendant 10 ans le club dans sa quête inespérée d'une médaille d'or.


Rendu célèbre par le commentateur de Canal Plus Jean Charles Sabatier : L'EMBLÉMATIQUE Carsten Ramelow ne faisait pas se lever les foules, il ne faisait pas rêver les jeunes mais il faisait flipper les attaquants adverse ce qui suffisait amplement à faire le bonheur des supporters rouge et noir.


Mais qu'est ce qui fait qu'en plus d’être emblématique ce défenseur de 1m86 et 82Kg, formé au Hertha Berlin, est légendaire?  Plongeons nous dans l'année 2002 et nageons jusqu'au mois de mai. Carsten vice- champion d'Allemagne 97,99 et 2000 est en tête de la Bundesliga lors de la dernière journée et sent que son heure de gloire est proche. Il a fait fondre toutes ses médailles de second  pour offrir de l’argenterie à sa femme et être classe lorsque les Ramelows reçoivent à diner.


Carsten s’en fout, il n’y a que l’or qui l’intéresse. Le bayer Leverkusen est fort, son équipe surprend tout le monde par un jeu solide et technique. Jens Nowotny, Bernd Schneider, Zé Roberto et Michael Ballack font de cette équipe l'une des meilleures d'Europe qui, en plus d'être à 90 minutes d'un titre allemand, est qualifiée pour la finale de la coupe d'Allemagne et de la Ligue des Champions. Tout le peuple de Leverkusen rêve d'un Triplé historique. Le triplé sera historique mais pas rêvé : le Bayer perd  le dernier match de championnat et voit le titre s'envoler chez le voisin du Borussia Dortmund. Un autre voisin, Shalke 04, lui prend également la coupe d'Allemagne et pour finir, Zinédine Zidane d'une reprise de volée légendaire à l'entrée de la surface en plein lucarne prive le Bayer d'un sacre européen.


Vous pensez que c'est la lose totale pour Carsten Ramelow, vous avez raison… mais c'est pas fini.  Pour oublier cette fin de saison catastrophique, le vice-champion d'Allemagne et d'Europe se remobilise grâce à  la coupe du monde 2002 au Japon et en Corée. L'Allemagne est solide, Michael Ballack et Oliver Kahn (élu meilleur joueur de la coupe du monde, une première pour un gardien) sont extraordinaires.


L'Allemagne arrive en finale de la coupe du monde contre le Brésil. La défense de Carsten Ramelow est solide et prête à défier Ronaldo. La suite on la connait, Ronaldo marque 2 buts avec un morceau de moquette triangulaire collé sur le devant de son crâne et le Brésil est champion du monde.


Carsten Ramelow est maintenant retraité et compte ses médailles d'argent. Il restera avec Ballack, Schneider et Nowotny , vice champion d'Allemagne, de la coupe d’Allemagne, d'Europe et du monde 2002. Qu’est qu’il en dit Poupou ??


Carsten est emblématique, il fait rêver les jeunes Allemandes en fleur, il s’essaye donc naturellement en 2005 à la chanson façon crooner avec un bel album appelé : « Singing When you are winning » (titre volé à Robbie Williams). Il devient donc le deuxième meilleur Robbie Williams du monde avec des reprises de Lionel Richie et autres chanteurs facteurs direct de l’augmentation de la fécondité dans les années 80. La grande Classe Carsten !


À lundi prochain…


Bonus : Cette photo est dingue, on ne sait pas d’où ça vient mais c'est drôle. Une nouvelle belle reconversion pour Carsten et une chance de devenir le deuxième meilleur vendeur de toilette du monde.

 



PL

 

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