La Légende du Lundi
Lundi, 10 Octobre 2011 04:00 -

Tags: bois de boulogne | Brésil | Légende | lundi | Paris | vampeta | vieilles gloires

 

 

Amis du lundi bonjour,

En me promenant sur des sites tout à fait convenables que m’avait conseillé le barman du Pink, je suis tombé sur cette photo :

 

 

Surpris et choqué je me suis dit très simplement : « mais qu'est ce que c'est que ce bordel ?». Quel est cet homme le zouzou à l'air qui exprime son amour des filets. Un  ancien pécheur, peut-être ?  Queue nenni !  Ce « filophile » est  un joueur comme le Brésil nous en offre de temps en temps. Ce grand pays du football est une usine à joueurs fantasqued qui se perdent parfois dans la gloire et surtout dans la caipirinha. Notre playmate de ce lundi a fait vibrer le Parc des Princes et les danseurs du Queen's. Ladies and gentlemen... and gentlemen dressed as ladies, faites une ovation à Marcos André Batista Santos (tous les 4) dit "VAMPETA".

 

Son surnom est la contraction de Vampiro (Vampire) et Capeta (diable), tout un programme.

 

Comme la plupart des joueurs issus des favelas, notre ami découvre le football dans la rue avec ses camarades, qu'il aime à retrouver pour partager le plaisir de l'effort physique. Très vite, il devient accroc au flot de testostérone que déchaîne la pratique de ce sport collectif. Il rejoint rapidement un club de sa ville natale de Nazaré das Farinhas, où il s'éclate véritablement.

 

La proximité avec les jeunes garçons de son âge lui permet d'affirmer sa personnalité profonde. Dans les vestiaires, il devient le boute-en-train, adulé par ses coéquipiers, avec lesquels il s'adonne à des jeux pleins d'innocence comme le ramassage de savonnette ou encore le "combien elle mesure la tienne ?". Les coéquipiers en question deviennent en peu de temps ses partenaires puis ses amis.

 

Devenu un jeune joueur prometteur, il embrasse goulûment la carrière professionnelle qui s'ouvre devant lui. Il quitte Bahia et signe son premier contrat avec le club de l'EC Vitoria. La moustache, qu'il se plait à porter en hommage à Freddy Mercury, séduit également les recruteurs. Son agent le fera tourner de club en club. Il découvre ainsi très vite l'Europe en rejoignant le PSV Eindhoven l'année de ses vingt ans. Une petite saison et puis s'en va, sous forme de prêt, au club brésilien de Fluminense.

 

Son aventure sur le vieux continent n'est pas pour autant terminée. Il revient en grâce aux yeux du staff du PSV, club auquel il appartient alors toujours. Les Hollandais apprécient de nouveau sa polyvalence, sa propension à pénétrer les défenses les plus resserrées et sa capacité à harceler défensivement les attaquants les plus frétillants. Il devient le seigneur du milieu de terrain du Philips Stadion et remporte le championnat des Pays-Bas. Mais Vampeta est sentimental. Son pays lui manque et en 1998, il retourne au Brésil, plus exactement au Corinthians de Sao Paulo, l'un des plus grands clubs de la capitale économique du pays.

 

C'est durant ces deux saisons qu'il décroche à deux reprises le ballon d'argent brésilien (La Bola de prata), distinction attribuée chaque année par le magasin brésilien "Placar". Résultats sortant donc chaque année dans Placar… ou du Placar. C'est à cette même époque que le joueur connait ses premières sélections en équipe nationale brésilienne. Champion du Brésil 1998 et 1999, vainqueur de la Copa America avec la sélection "auriverde" en 1999, c'est l'heure de gloire pour le fringant moustachu. Il devient une icône et se met à poser pour les magazines en tout genre, du plus sérieux au plus coquin. Ce qui explique la photo ou Vampeta exprime son amour au filet.

 

L'Europe le réclame de nouveau. Il ne choisira plus que des destinations où il pourra donner libre cours à sa frivolité et à sa passion pour le royaume de la nuit. C'est d'abord pour Milan qu'il s'envole, et signe avec l'Inter en 2000. Mais les discothèques milanaises ne le satisfont pas. Après moins de six mois en Italie, il débarque en France, prêt à déflorer un championnat de Ligue 1 encore vierge de son talent. En une demi-saison, courte mais intense, il joue un nombre incroyable de sept matchs et trouve le temps d'inscrire un joli but contre Auxerre.

 

Ses rapports avec le public du Parc des Princes ont beau rester au stade des préliminaires, ceux qu'il entretient avec les night-clubbers parisiens sont beaucoup plus profonds et ceux-ci le regretteront lorsqu'à la fin de la saison 2000/2001, le PSG choisira de le renvoyer dans son pays . Résultat : une coupe du Brésil et des performances qui le rappellent au bon souvenir de Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur de l'équipe nationale, qui le réintègre à la "Seleçao" pour la Coupe du Monde 2002.

 

Pas n'importe quelle Coupe du Monde, celle de la "Penta", le cinquième titre de champion du monde. Une compétition où notre ami noceur n'aura joué que vingt minutes, lors du premier match des "auriverde" face aux Turcs, remplaçant à la 72ème minute Juninho Paulista. Mais le moustachu s'en fiche, puisqu'il aura le grand plaisir de tenir la main de ses coéquipiers lors de la prière qu'ils effectueront en cercle autour du rond central à l'issue d'une finale remportée 2 à 0 face à l'Allemagne. Rien que pour ça, Vampeta est heureux.

 

De retour au Brésil au sein d'une sélection triomphante, il soulève légitimement le trophée aux côtés de Ronaldo, qu'il avait persuadé d'adopter la coiffure dite de la "foufoune" au cours du tournoi. Pressé de retrouver les terrains du championnat national, il resigne au Corinthians pour une saison.

 

Il s'offre même une année sabbatique pour s'adonner à… bon, ça le regarde, avant de retrouver les terrains de ses débuts avec Vitoria pour quatre petits mois – de février à juin 2004 – puis il prend la direction du Koweït et du Al Salmiya, pour une saison entière. Mais décidément, le cœur du joueur appartient au Brésil  et il y retourne dès avril 2005, où il signe pour le club de Brasiliense jusqu'en décembre. Huit mois plus tard, Vampeta change à nouveau d'équipe et rejoint celle de Goias, dans l'Etat du même nom, puis re-re-Corinthians et, enfin, le CA Juventus, sa dernière destination connue. Apparemment il joue encore à 37 ans.

 

Pour résumer, si l’on excepte son but magnifique contre l’AJA, Vampeta n’a pas animé le jeu du PSG aussi bien que les dancefloors de la capitale. Cependant, son passage restera dans les têtes, et même dans d’autres parties du corps plus obscures. Ce joueur atypique reste surtout un des très rares footballeurs de sa génération à avoir revendiqué son homosexualité comme un geste militant et solidaire contre les discriminations de tout genre.

 

À lundi prochain !

 

PL

 

Commentaires  

 
0 #1 bbkdsport 17-11-2011 21:25
tres bel article!!
bravo
http://bbkdsport.e-monsite.com
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