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Should I stay or should I go? Dans une rare interview accordée à The Guardian, Paul Scholes – 36 ans et 17 années passées avec les crampons de United – a confessé qu’il déciderait seulement en fin de saison du futur de sa carrière. Au point d’envisager sérieusement la retraite au moment où les jambes moulinent moins…
Il s’est installé et bavarde dans une salle tranquille du centre d’entrainement de Manchester United. Scholes, comme toujours, a été l’un des premiers à arriver au boulot, les cheveux encore mouillés de sa douche matinale. Veste d’entrainement, jean et la même coiffure qu’il a depuis qu’il jouait pour Boundary Park Juniors il y a quelques 25 ans en arrière. Scholes n’a jamais été un produit pour labels, et c’est même une surprise de découvrir qu’il a accepté une offre pour un match de charité. Vous pouvez déjà imaginer l’adulation en tribune, une petite vague non assumée pour un homme pas vraiment à l’aise sous le feu des projecteurs.
Mais attendez. Quand un footballeur commence à parler de jubilé cela signifie généralement une chose : à 36 ans, Scholes est désormais à un moment de sa carrière où les jambes ont du mal à suivre. Ryan Giggs, une année de plus, a d’ores et déjà signé une année d’extension de contrat mais Scholes a une longue histoire de blessures. Et c’est une possibilité que le derby de ce weekend soit le dernier dans sa vie à United.
« Je déciderai à la fin de la saison » confesse Scholes. « Je n’ai vraiment aucune idée de ce que je vais faire. J’ai encore quelques matchs pour y penser et je vais décider d’ici là. Les gens disent toujours que tu devrais jouer aussi longtemps que tu le peux mais il arrive un moment où tu ne peux plus suivre physiquement. Je me méfie de cela. Je veux être certain d’arrêter au bon moment ».
Le football, lui, perdrait l’un de ses plus grands joueurs. Scholes aurait besoin d’une petite usine pour exposer tous les trophées glanés depuis ses débuts à Port Vale il y a… 17 ans. Et c’est dur de croire qu’un trophée de « footballeur de l’année » n’est pas parmi eux. La liste de ceux qui ont décrit Scholes comme le meilleur footballeur anglais est longue, de Zinedine Zidane à Thierry Henry, Marcello Lippi ou Edgar Davids. Ou alors, allez parler de Scholes à Manchester City. Seulement trois autres joueurs de United – Sir Bobby Charlton, Eric Cantona and Joe Spence – ont égalé le nombre de buts de Scholes contre le vieil ennemi (7). Le dernier en date est le but de la victoire l’an dernier à Eastlands. « C’était parfait » se souvient Scholes. « C’est l’un des moments importants de ma carrière, l’une des meilleures choses que j’ai jamais réalisé ».
Mais cette saison, Paul Scholes lutte, de sa propre confession, pour être parmi les titulaires. « C’est difficile d’accepter de ne pas jouer chaque match mais le temps arrive quand vous savez que vous ne pouvez plus le faire. Vous voulez penser comme à 25 ans, vous aimez penser que vous pouvez jouer tous les matchs. Vous avez seulement à être sûr que vous être prêt pour les 20 minutes par ci ou par là. C’est difficile de faire cet ajustement. C’est pas drôle ».
C’était dans ses réflexions lorsqu’il a tourné le dos à toute chance d’aller à la Coupe du Monde cet été. Scholes ne voulait pas prendre le risque de pénaliser son club même si, avec le recul, il ne pense pas que la fatigue aurait été un problème. « Ils n’ont joué que 4 matchs ! Je pense que c’est plus une question mentale. Les joueurs qui sont revenus d’Afrique du Sud vont le ressentir parce que ce n’était pas grandiose. Ils n’ont pas bien joué. Et il va leur falloir un moment pour s’en remettre ».
Quant à Sir Alex Ferguson il continue de faire confiance quasi systématiquement à Scholes dans les matchs clés, un homme qui connaît mieux que quiconque l’importance des gros matchs et des rivalités locales. Scholes, lui, ne le considère pas comme un acquis. « J’ai pensé que l’équipe avait joué brillamment chacun de ses matchs contre Chelsea. J’ai jamais pensé que ne soyons en danger ». D’ailleurs il souhaite que Michael Carrick, l’homme qui a pris sa place, « revienne vite en forme. Il a été brillant les semaines passées ».
Mardi soir fut la première fois où Scholes commença à penser que l’équipe puisse copier les triples champions de 1999. « Jusqu’à ce que nous battions Chelsea, cela ne m’avait pas traversé l’esprit. Il y avait trop de matchs à jouer, ça semblait trop loin et nous avions une grande équipe comme Chelsea en face de nous en Champions League. Mais nous sommes désormais en demi-finale de la Champions League, de la FA Cup et avons 7 points d’avance en championnat. » (1)
Et, même s’il ne le dit pas, Scholes doit certainement penser qu’un soir de finale de Coupe d’Europe à Wembley serait un « bon moment » pour raccrocher les crampons…
Extraits choisis et tirés de The Guardian
Traduit et adapté par M.P
(1) L’interview a été réalisé avant le match de FA Cup Manchester United-Manchester City (0-1). Scholes a été expulsé (pour gonfler ses stats en carrière), Carrick a réalisé la passe décisive de la FA Cup 2011 pour Yaya Touré et United a perdu toute chance de faire le triplé. Comme quoi…