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Parce que l’élection du Ballon de Plâtre comme toute récompense sportive majeure fait forcément d’inconsolables perdants, parce que ces perdants ne peuvent contester à la Laurent Gbagbo la sentence irrévocable du conseil des lecteurs de Befoot, la rédac’ a décidé de créer une récompense novatrice en partenariat avec Président : le Cœur de Plâtre a.k.a le prix du super-combatif.
Commençons par un constat perspicace et pertinent. Nous sommes en France. Pays d’Astérix, de Jeanne d’Arc… de Pierre de Coubertin. Un passif lourd comme Guy Carlier qui nous rappelle la sempiternelle tradition d’applaudir, de complimenter, de louer voire de glorifier le perdant magnifique. « Perdant magnifique ». Un oxymore à faire vriller les oreilles, mais qui nous pouponne depuis le hochet. Oui, plus que le vainqueur, nous avons cette bizarrerie de nous éprendre de passion pour celui qui perd avec une lichée de panache, avec les guts et la sueur, en clopinant comme un grognard de 14.
Cette récompense, Befoot ne pouvait donc l’occulter malgré son ADN britannique. Ce prix du Cœur de Plâtre est au football ce que le Prix Cœur de Lion est au Tour de France. En d’autres palabres, le vainqueur est au football ce que Sylvain Chavanel ou autrefois Jacky Durand furent à la Grande Boucle. La comparaison vaut ce qu’elle vaut…
Soyons honnête : le Ballon de Plâtre est une compétition relevée. Un Everest qui n’accepte plus les faibles. Certes certains ont des facilités naturelles, un savoir-faire qui nécessite moins d’heures d’entraînement. Prenez Loïc Perrin ou Mathieu Bodmer par exemple : ils sont des surdoués de la blessure, des multirécidivistes du mercurochrome et ont une carte « A Club » dans les hôpitaux de France. Mais n’est pas Rio Ferdinand qui veut, capable de se blesser dans sa banquette.
D’autres doivent faire preuve de plus de virtuosité, d’imagination. Tel Sylvain Chavanel parti aux bottes du premier col de 2ème catégorie et qui pioche comme un forcené dans les ultimes lacets de l’Alpes. Befoot devait choisir un homme de cette trempe-là. Et cette année le vainqueur ne pouvait être que… Yohan Demont. Admirable dans ses intentions, Yo fut un grand animateur de la compétition. Seul Mathieu Valbuena et Ben Arfa auraient pu lui chiper le Prix. Mais le jury ne s’est pas laissé duper d’un ion ! Mathieu, c’est un peu Pierre et le Loup. Si les roulé-boulé à la Petter Solberg offrent des illusions évanescentes de fractures combinés de tous les os du corps, le résultat est toujours très décevant. Quant à HBA, tricoter balle aux pattes avec Nigel De Jong à moins de 2 kilomètres à la ronde tient plus à l’inconscience qu’à une pure stratégie pour empocher le BdP.
Non, Befoot a été charmé par la combativité, l’inventivité et le plan global de Yohan Demont. De source proche du dossier, Yo aurait fait appel à des spécialistes. Mais ni la stratégie « Brico Marché » conseillée par Greg Coupet ni celle, appelée dans le métier « Coco Channel », élucubrée par Santiago Canizares n’auraient marché. Alors Yo en serait revenu aux fondamentaux du fighting spirit, à l’authentique méthode anglaise usée par Joey Barton comme ses jeans Levi's.
Yo s’est d’abord tabassé avec son coéquipier Nenad Kovacevic en match. Séparés, il n’eut le temps que de perdre son brassard. Véritable stakhanoviste, Yo a remis le couvert quelques jours plus tard avec Issam Jemaa. Rebelote. Et dire que Yo avait même provoqué les hools lillois pour le derby. En vain. Las, Yo a donc fini par se prendre pour David Haye contre… un mur, se pétant enfin quelques phalanges et choppant 5 semaines d’ITT. « Magnifique » dixit Guy Lacombe, commercial chez Lapeyre. On n’est donc jamais mieux servi que par soi-même !
Après la perte de son brassard, la perte du BdP et la perte du Nord par son équipe de hooligans, « Yo la loose » méritait bien cette consolation pour son hyper-combativité.
M.P
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