C'est l'actu / France 15.07.08

Et Bernard Mendy s’en est allé…

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Il y a maintenant un petit peu plus d’une semaine, le marché des transferts s’est enfin emballé. De manière incompréhensible, l’information de la semaine a été éclipsée par les pseudos feuilletons de l’été comme le vrai faux départ de C.Ronaldo, Ballon d’Or en puissance, vers le Real Madrid ou encore celui de Ronaldinho, Ballon d’Or en pleine décadence, vers le seul grand club qui en veuille encore, le Milan AC. Mais, malgré la tentative d’étouffement de “l’affaire” par les médias (une seule et unique petite brève en bas à droite de la page transfert de l’Equipe), cette information n’aura échappé à personne : Bernard Mendy a quitté le PSG et par la même occasion le championnat de France pour rejoindre le meilleure championnat du monde et Hull City, fraichement promu en Premier League Anglaise.

Comment a-t on pu en arriver là ?
Il ne s’agit en aucun cas pour nous de défendre l’indéfendable, de soutenir l’insoutenable. Qui pourrait d’ailleurs décemment et objectivement le faire ? Non, Bernard Mendy n’est même pas un bon joueur de L1, au mieux il ferait un bon remplaçant dans une équipe de bas de tableau. Oui, Bernard Mendy fait parti au même titre que Djibril Cissé ou encore que (feu) Alioune Touré, de ses joueurs dont la seule et principale qualité est la vitesse de pointe sans ballon. Oui, le jeu de Bernard Mendy, tout comme d’ailleurs le personnage, ne respire pas l’intelligence. Oui mais voilà Bernard Mendy joue régulièrement au PSG depuis 2000. Et l’Histoire le retiendra à tout jamais, comme elle a fait de Zidane l’homme d’un certain 12 Juillet 1998, comme ce joueur, plein de culot, tentant et réussissant un grand pont au nez et à la barbe du mythique arrière gauche Brésilien Roberto Carlos lors du match du centenaire de la FIFA !

Le jour…
Ne brulons pas, comme bien trop souvent dans le football, ce que nous avons adoré. Lorsque Bernard Mendy arrive au PSG en 2000 en provenance de Caen, il est l’un des grands espoirs français au poste d’arrière droit, titulaire indiscutable chez les Espoirs, coachés par un certain… Raymond Domenech. Il fait partie du fameux “plan banlieue” du PSG dont l’échec aura été au moins aussi retentissant que celui de Fadela Amara en 2008. Ses débuts sont encourageants et Bernard s’impose rapidement comme un titulaire indiscutable sur son coté droit, repoussant la concurrence sans cesse plus forte des Cristobal, Potillon, Pichot et autres Llacer et perpétuant la tradition des grands arrières droits parisiens. Le joueur progresse même jusqu’à être élu en 2003/2004 meilleur latéral droit de notre championnat par ses pairs ! Suite logique des choses, Raymond Domenech, promu chez les grands, l’appelle chez les A. S’en suivront 3 sélections et un grand pont gravé à tout jamais dans nos mémoires… Puis plus rien…

…Et la nuit
Qu’est il donc arrivé à notre Nanard Mendy national après ce France-Brésil ? S’est il vu trop beau après ce somptueux geste technique, suivi, l’Histoire l’oublie souvent, d’un non moins extraordinaire centre au cordeau ? Toujours est-il que d’un France-Brésil à un Ballon de Plomb, il n’y a qu’un pas. Et Bernard Mendy a utilisé sa légendaire pointe de vitesse pour le franchir à vitesse grand V. Il obtient en effet haut la main la distinction tant convoitée en 2006. En effet, depuis, il est devenu la risée du monde du foot exaspérant même ses plus grands admirateurs. Il laissera à l’Histoire deux gestes techniques qu’il maitrisait à la perfection : le centre au 4ème poteau et le grand pont en touche.

Bon vent Bernard
Oui mais voila Bernard Mendy est un joueur atypique et attachant. Il a su renaitre de ses cendres à la faveur d’un Printemps 2008 exceptionnel. Buteur décisif et plein de sang froid en finale de la Coupe de la Ligue, il a offert un nouveau titre au PSG en transformant sereinement un penalty à la dernière minute et a également apporté de précieux points dans la lutte pour le maintien. Attachant car il est un footballeur comme on n’en fait plus, capable de rester contre vents et marées 8 ans dans le même club. Avec lui, c’est une partie du peu de supplément d’âme qu’il reste au PSG qui s’en va. Comme l’a dit J-L Trintignant, « ne pleure pas ceux que tu as perdus, au contraire, réjouis toi de les avoir connus ». Merci pour tout Bernard, le bon comme le mauvais, et que les bourrasques anglaises te ramènent vers nous au plus vite !

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