Befoot on tour, Culture foot

Juan Sebastián Verón, président… joueur

On est sûr que vous êtes le genre de personne qui, assez régulièrement, se demande ce que devient ce bon vieux Juan Sebastián Verón. Eh bien, vous n’allez pas nous croire, mais on vient justement de tomber sur lui en se baladant tranquillement en Argentine à 1h de Buenos Aires. Et comme on est sympa, on vous raconte tout ici.

Transversales millimétrées
Cela faisait une petite dizaine d’années qu’on avait plus entendu parler de Jean Sébastien Verón. Disparu des radars depuis son départ de l’Inter de Milan en 2006. Aucune nouvelle. Rien. Pas même une petite carte postale. Il faut dire qu’après 10 années passées en Europe, Juan Sebastián Verón avait envie de passer du temps à chiller chez lui. Chez lui, c’est la Plata, une petite ville paisible à 1h de Buenos Aires. C’est là où il est né, là où il a grandi, là où il a commencé à jouer au foot. Là où il mourra.

Pour bien comprendre Juan Sebastián Verón, on doit vous faire une révélation : Juan Sebastián est le fils de son père (CQFD). Son père, Juan Ramon Verón, accessoirement entraineur de l’équipe locale, l’Estudiantes de la Plata, est celui qui le fera signer à 14 ans en pro. Alors pistonné tel un vulgaire Grégoire Puel ou un membre de la famille Fillon ? Pas vraiment. A l’époque déjà, le talent de Verón saute aux yeux. Le bonhomme a de l’impact physique, une vision du jeu exceptionnelle et distribue des transversales millimétrées aussi facilement qu’on boit du maté. Après 3 saisons, Juan Sebastián monte à la capitale et rejoint le mythique Boca Juniors. 17 matchs plus tard, « la bruja » (« la sorcière » – la faute à un physique qui fait peur aux enfants) s’envole pour l’Europe. Wikipedia vous détaillera mieux que nous son immense palmarès mais Verón a notamment fait partie de la dream team argentine (Crespo, Claudio López, Sensini et Diego Simeone) qui a porté la Lazio vers son dernier titre de champion d’Italie en 2000. Et Pelé himself a décidé de griffonner son nom sur sa liste des 100 meilleurs joueurs de foot de l’Histoire. Après l’Europe, Verón est bien entendu revenu finir sa carrière à l’Estudiantes de la Plata, qu’il a amené tranquillement à la victoire en Copa Libertadores en 2008. Avant de prendre une retraite bien méritée.

Amour du maillot
C’est bien beau tout ça mais on n’a toujours pas répondu à LA question : « Qu’est-ce que devient ce bon vieux Juan Sebastián ? ». Tout va bien. Merci pour lui. L’ancien mancunien a aujourd’hui 42 ans et est devenu, 20 ans après ses débuts en pro, le président de son club de toujours, l’Estudiantes. Monsieur le président a été élu par les socios en 2014 avec un score qui ferait rêver Macron, Mélenchon et tous les gens en -on qui se présentent à la présidentielle : 75%. Mais ce n’est pas tout : 3 ans et 1059 jours après son dernier match en pro, la sorcière a décidé…de rechausser les crampons. Président-joueur donc. Parce qu’entraineur-joueur, c’est beaucoup trop « déjà vu ». Restait la question du salaire et de la négociation salariale entre le joueur et le président. Le président Verón a décidé de payer le joueur Verón au salaire minimum. En échange, le joueur Verón s’est engagé auprès du président Verón à reverser l’intégralité de son salaire au club. Vous l’aurez compris, c’est avant tout l’amour du maillot et du foot qui dictent la démarche du grand Juan Sebastián Verón.

Tarte jambon-fromage et transversales
C’est romantique tout ça, mais seuls les résultats comptent dans ce bas monde capitaliste. Alors comment s’est passé le retour de la Bruja sur les terrains ? Très bonne question. Il a eu lieu mardi dernier à l’occasion d’un match de Copa Libertadores contre Barcelona (celui d’Equateur hein pas celui de la remontada). Un évènement pour la presse argentine qui nous a permis de vivre ce grand retour de l’intérieur grâce à des articles plus ou moins intéressants. On y a notamment appris que, le jour du match, Verón a mangé une tarte jambon-fromage avant de faire une sieste. Niveau foot ? Après un début de match raté, la Bruja a globalement été « a la altura de la circunstancia » (« à la hauteur des évènements ») pendant les 60 minutes qu’il a joué. On a notamment eu le droit à 2 magnifiques transversales Veroniennes. Mais Estudiantes a perdu.

De toute façon, si quelqu’un n’est pas content de la performance du milieu de terrain argentin, qu’il aille s’en plaindre au président…

Article précédent Article suivant

Vous aimerez aussi

Pas de commentaires

Laisser un commentaire