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Karim, Benz’ et moi…

Karim, je t’aime. Ou plutôt, je te déteste. Enfin je ne sais plus, tu m’énerves. Je suis perdu. L’autre soir à Munich, je me suis souvenu pourquoi je t’avais tant aimé. Ce toucher de balle… Mon dieu, ça m’émoustille. Je me souviens de ton premier ballon à Gerland. Contrôle. Sombrero. Passe géniale pour Bergougnoux. But. J’étais à Jean-Bouin et mon père m’a regardé. Pour une fois, on était d’accord : tu allais devenir le meilleur joueur du monde… Je n’avais plus ressenti ça depuis Zizou et c’est sûr, tu allais lui succéder, tu allais être l’idole de toute une nation, l’icône d’une certaine idée du football et même d’une certaine idée de la France…

Karim, quand tu as le ballon, tout s’arrête, tout semble plus simple, tout semble plus beau. Certains te préfèrent Messi ou Ronaldo, pardonne-leur, ils ne savent pas. Dans l’ère de l’individualisme, tu es la justesse et l’harmonie ; ton football est un art qui arracherait des larmes aux plus bourrus d’entre nous ; des larmes de bonheur bien sûr.  Tu es Michelangelo, le terrain est ta chapelle Sixtine. Tu es Miles Davis, le ballon est ta trompette.

Trompette… C’est pourtant un champ de ruine que j’observe en ton endroit. Les Français ne t’aiment plus Karim. Pincement au cœur, quelques larmes sans doute. Mais tu ne le mérites pas. Pas de tristesse, pas de désolation et surtout pas de colère. Ce serait trop te donner à toi, qui ne sais rien offrir. Il est devenu trop difficile de dissocier le pâtissier de la pâtisserie, de dissocier l’artiste de Bernabeu de la petite racaille de Bron. En Espagne, ils auront toujours beau crier « ola y ola », ça sonnera toujours comme Zahia ; ou bien comme Valbuena.

Karim, je suis de ceux qui ne veulent plus te voir en Équipe de France. Traite-moi de raciste si ça te chante. Car oui, la France est raciste, on sait, on a vu les sondages. Triste époque. Tu en es certainement la victime, mais tu en es aussi un petit peu le coupable. Mais moi, ce que je te reproche, c’est simplement de m’avoir enlevé mes rêves, celui de te voir briller en Équipe de France, celui de voir un petit Gone gagner le Ballon d’or. Je t’en veux car tu as fini de tout gâcher avec cette histoire absurde de chantage et de sextape. L’histoire de trop. Tu m’as fait trop souffrir. Sur le terrain, tu es altruisme et justesse; dans la vie, tu n’es qu’égoïsme et bêtise. C’est Docteur Karim et Mr Benz’, et tu nous plonges tous dans un bipolarisme déroutant. Je te déteste.

Oui, Karim, je t’ai tant aimé. Mais oui, je crois que je ne t’aime plus.

Bon match ce soir.

Je t’aime

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