Collectif ou individuel, pour les professionnels ou les amateurs, à haute dose ou même occasionnellement, pour les petits comme les grands, le sport plaît à tout le monde. Mais est-ce que tout le monde peut en parler ?

Mako, Bonnet, Denis, Ithurburu, Portolano… des pionnières

Depuis quelques années maintenant, les femmes prennent petit à petit place dans ce monde longtemps réservé aux hommes. Certaines sont même devenues des références : Anne-Laure Bonnet chez beIN Sports, Estelle Denis sur l’Équipe, Isabelle Ithurburu dans le groupe Canal + ou encore Marie Portolano qui travaille sur la même chaîne. Malgré la diversité qui commence à être de plus en plus présente, notamment à la télévision, tout n’a pas toujours été tout rose pour les femmes dans ce milieu.

Il faudra attendre 1987 pour voir une femme parler de football sur nos écrans. Marianne Mako fut la première à se mouiller et à tenter l’expérience dans l’émission Téléfoot près de 10 ans après sa première diffusion à l’antenne. Elle y présentera même la chronique « Crampons aiguilles ». Très souvent moquée, notamment par l’une des plus grandes voix du football, Thierry Roland, alors animateur de l’émission à cette époque, elle vivra des expériences aussi sexistes les unes que les autres. Il écrira, à son égard, dans son autobiographie :

Le foot se joue avec du poil aux pattes et au menton. Il n’est pas prévu pour les femmes journalistes.

Considérée comme la pionnière des femmes dans le sport, elle se retira tout de même de Téléfoot en 1997 après dix années compliquées au sein de l’émission. Elle est l’exemple même qu’une femme doit travailler et prouver deux fois plus qu’un homme pour pouvoir être un minimum respectée.

Malgré le passage de Mako dans le monde du football, sa pertinence et son professionnalisme, les femmes ont ensuite été utilisées comme « potiches » de plateau télé. Juste là pour dire bonjour, donner la date, le programme et être là pour satisfaire le champ de vision de ces messieurs.

Une nouvelle crédibilité pour les femmes

Fort heureusement, ce n’est plus le cas.

De plus en plus prises aux sérieux, il reste encore beaucoup de chemin à faire avant qu’elles soient totalement crédibles aux yeux du public voire même de la profession. Isabelle Ithurburu, journaliste spécialisée dans le rugby, témoigne :

J’ai beau avoir une vraie connaissance du rugby, je ne maîtrisais pas l’intégralité de la composition de l’équipe (Oyonnax) sur le bout des doigts. Je me
suis trompée sur un nom, dont j’ai mal prononcé une syllabe : je me suis fait étriller sur les réseaux sociaux.

La semaine d’après, un collègue masculin a fait la même erreur : tout le monde a ri de manière bon enfant.

Quand c’est un homme, c’est simplement une erreur d’élocution. Quand c’est une femme, on met d’abord en doute sa connaissance du sujet.

Une femme doit toujours prouver ce qu’elle connaît déjà, comme si sa connaissance et son savoir ne valaient rien. Seulement, les sportives sont aussi ridiculisées et décrédibilisées.

Lors de la dernière cérémonie du Ballon d’Or, Ada Hegerberg, accessoirement la première femme récompensée, s’est vu réduite à un twerk. Comme quoi, même en étant un pilier dans son domaine, la femme n’est pas perçue à sa juste valeur et est constamment sexualisée.

Cependant, tout n’est pas à jeter. Il y a désormais des femmes présentatrices de leur propre émission, des femmes de terrain. Des femmes qui sont devenues indispensables dans cet univers et qui crédibilisent de plus en plus la parole des journalistes au milieu de tous ces hommes.

Elles inspirent et continueront d’inspirer les jeunes filles qui veulent, elles aussi, parler de cette passion qui nous unie malgré tout. L’avenir des femmes dans ce monde masculin se promet d’être toujours plus compliqué mais promet d’être brillant à la fin.