Bon, l’info est de la taille de Mathieu Valbuena donc on ne vous jettera pas la pierre si vous êtes passés à côté : ce soir a lieu le Trophée des Champions qui bat cette année tous les records de désintérêt… Mais la Ligue a fait les choses bien, et a refourgué ce match à la con à nos cousins canadiens. «Z’aviez pô qu’à nous envoyer vos chanteuses qui braillent tabernacle». En tout cas, on a vu ici l’occasion révée de vous ressortir un reportage sur l’équipe hôte de ce premier match officiel de la saison de ballon.
Un mec plus ou moins connu et nommé Henry Miller aurait dit un jour : «Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant, alors tu atteindras l’universel». Quoique visiblement peu sobre au moment des faits, nous accorderons par bonté d’âme le bénéfice du doute à cet écrivain illuminé. Néanmoins, force est de constater que notre nombril footballistique franco-français ne mérite pas forcément le détour. Nous sommes donc allés scruter quelques contrées lointaines pour enfin découvrir le football universel, celui dont on parle dans les livres, celui dont on rêve les soirs de pleine lune… C’est donc au Canada que nous nous sommes attardés quelque peu pour savoir si le pays des bucherons et du sirop d’érable pouvait être l’eldorado du football mondial.
La présence de Befoot de l’autre côté de l’océan Atlantique coïncidait justement avec une journée historique pour tout le football canadien. C’est en effet le 28 aout 2008 que le très glamour Impact de Montréal disputait le tout premier match de son histoire pour le compte de la Ligue des Champions de la zone CONCACAF, la petite sœur attardée de notre coupe caucasienne aux grandes oreilles. Cette compétition relevée voit s’affronter les meilleures équipes d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes. Ce sera donc pour Befoot, réduit pour le coup au rang de vulgaire téléspectateur bouffeur de beurre de cacahuète, l’occasion idoine de découvrir les joies du soccer à la sauce barbecue made in Canada.
20h, Stade Saputo de Montréal, l’Impact s’apprête donc à défier la redoutable équipe du Real Estelí football club, tout auréolé de son récent titre de champion du Nicaragua pour ce tour préliminaire. Le match se déroule évidemment à guichets fermés, soit devant plus de 2000 spectateurs déchainés ! Le talk show d’avant match bat son plein : on sent la manifeste bonne volonté des journalistes mais, les Daniel Auclair et Patrick Montel locaux connaissent visiblement plus de choses sur le dernier album de l’idole Céline Dion que sur les illustres inconnus qui s’apprêtent à fouler la pathétique pelouse du stade Saputo. La composition des deux équipes laisse perplexe… Mendieta nous évoquerait bien un petit quelque chose mais, à moins d’une étrange reconversion et d’un bon lifting, il ne nous semble pas que l’ancienne star du Valence CF jouait dans les buts. Bref, victoire de l’Impact 1-0 mais c’est un moindre mal pour des nicaraguayens dont la réputation footballistique est encore à faire. L’exploit leur reste néanmoins encore accessible tant on imagine avec délectation le traquenard qu’attend les joueurs canadiens au match retour.
Au final, Befoot aura assisté à un match insipide au possible, nous faisant même regretter par moment les éclairs techniques de nos intermittents du football hexagonal et ce n’est pas un mince exploit. Même les fulgurances de Jordan, le gardien des visiteurs quoique moins aérien que son mythique homonyme, n’ont pas suffi à égayer une décidément bien triste rencontre. Seul l’arbitre aura eu le mérite de nous faire esquisser un petit sourire en distribuant un carton jaune pour une faute survenue alors que le ballon avait franchi les limites du terrain depuis des plombes. Le joueur trop zélé du Nicaragua faisant alors les frais de l’endormissement soudain de l’arbitre de touche.
Voila, Henry Miller, même s’il était loin de s’en douter, avait tout juste sur ce coup là. Le soccer canadien n’arrive pas à la cheville de notre fabuleuse L1… Mais on ne regrette en rien ce petit voyage outre Atlantique car les temps sont durs et cela fait toujours du bien de voir qu’il y a bien pire autour de nous…



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