
Charlie et le drôle de but
Publié le 19.02.2014
Médiocrité et moqueries ne sont qu’un mauvais et lointain souvenir pour tout supporter du PSG. Pourtant, même en ces temps sombres, la Ligue des Champions venaient illuminer un quotidien bien triste… Il ne s’agit pas ici de virer dans la nostalgie, celle qui nous ramènerait tout droit en enfance, il y a plus de 10 ans en arrière. Devoir de mémoire oblige, il s’agit plutôt de se remémorer afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli un instant magique comme seul le sport peut en offrir…
Un mercredi soir au Parc…
Nous sommes donc en Octobre 2004, les joueurs du PSG ne sont pas, comme ils avaient pris l’habitude, devant leur télé… Non, cette fois ci, à eux les honneurs de la retransmission sur TF1, de la prestigieuse coupe aux grandes oreilles, de la poignante musique à l’entrée des joueurs et de tout le tralala qui va avec ! Le PSG s’apprête en effet à défier le champion d’Europe en titre, le FC Porto, dans son antre du Parc des Princes. Avec déjà 2 défaites au compteur en 2 matchs, Paris a le couteau sous la gorge. Ce soir, c’est marche ou crève… Insulte suprême à cette belle compétition, Vahid décide de titulariser Stéphane Pichot, déjà à l’époque ce qui se fait de pire au poste d’arrière droit de L1. La Ligue des Champions le lui rendra bien : le PSG sera éliminé dès les poules et finira même bon dernier de son groupe. On récolte ce que l’on sème… Mais peu importe dans le fond… Finalement, au coup d’envoi, il n’y a qu’une seule star sur la pelouse : l’homme en noir. C’est en effet le fantasque Pierluigi Collina qui est au sifflet sur la pelouse du Parc. À part ça, rien de bien étonnant ou transcendant donc. On assiste à un match classique du PSG version Vahid. On s’ennuie ferme au Parc et le PSG, en pleine détresse en championnat, se bat avec ses armes du moment…
Et Charly surgit…
Oui mais voilà, les Dieux du foot en avaient décidé autrement. Ce soir là, les 42 000 spectateurs qui n’avaient rien d’autre de plus intéressants à faire que de se rendre au Parc en ont eu pour leur argent. Mais loin de ces considérations matérielles, ils ont surtout assisté à un moment historique. Le genre de moment qu’ils pourront raconter à leurs petits enfants au coin du feu par une froide soirée d’hiver en disant «J’y étais !». Venons-en aux faits. 30ème minute de ce match sans histoire. Le moment où ce match va basculer dans une douce folie… Le match suit tranquillement son cours lorsque Stéphane Pichot hérite du ballon côté droit. Ne sachant pas trop quoi faire de ce ballon qui lui brule les pieds, «Piche» un peu paniqué décide de centrer… Comme prévu son centre à mi-hauteur est mal ajusté et bien trop en retrait pour être exploitable. Charles Edouard Coridon, l’ex-chouchou du Roudourou, joueur plus connu pour ses excentricités capillaires que pour son talent balle au pied, passe par là. Mais «Charly», en mode Jackson Five pour l’occasion, est dans un bon jour. Il se jette de tout son corps et se lance dans une improbable aile de pigeon acrobatique. Le geste, parfaitement réalisé, prend le pauvre Victor Baia à contre-pied et franchit la ligne de but portugaise au ralenti. Le Parc exulte. Les Portugais ne comprennent pas ce qu’ils leur arrivent. Ils sont au fond du bocal. Abasourdis, ils encaissent même un 2ème but sur l’engagement.
Cette 30ème minute de ce PSG-Porto appartient désormais à l’histoire. Même si elle ne changera rien au destin du PSG version Vahid. Le PSG sera éliminé en LDC, il sombrera en championnat, ce fut la seule passe décisive de Stéphane Pichot de l’année et l’international martiniquais Charles-Édouard Coridon ne marqua pas d’autres buts de toute la saison… Les héros étaient fatigués…
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