Francis Llacer, touché par la grâce

Publié le 16.09.2013

Bien entendu, le PSG n’a pas toujours été le monstre qu’il est devenu aujourd’hui. Et quelques joueurs improbables font étrangement partie de la légende du club de la capitale. C’est notamment le cas de Francis Llacer dont le nom résonne encore dans l’imaginaire collectif, comme un éternel recommencement pour l’ensemble des supporters parisiens. Souvenez-vous…

Meilleur ami de Luis «je ne conjugue pas les verbes» Fernandez, Francis Llacer faisait systématiquement son entrée à cinq minutes du coup de sifflet final. Quelque soit le score… Et quand certains amènent talent et vitesse dans les derniers instants d’un match, Llacer, lui apportait fougue, aggressivité et pétage de plomb. Le simple souvenir de ses tacles rugueux feraient presque passer aujourd’hui Joey Barton, Cyril Rool et autres illustres bad boys de la L1 pour de simples enfants de chœur! Les performances de l’improbable défenseur étaient alors devenues routines : la victime repartait avec sa petite fracture du péroné ou sa rupture des ligaments. L’auteur prenait sa traditionnelle breloque, quand ce n’était pas l’exclusion directe. C’était le tarif minimum. Ce cérémonial permettait alors aux quelques supporters encore éveillés de repartir du stade avec une petite note d’humour. Certes oui, ailleurs en Europe, certains privilégiés avaient la chance de rentrer chez eux avec le souvenir éternel d’un match d’anthologie et des étoiles plein la tête. Mais bon, il fallait savoir se satisfaire de ce qu’on avait. Et à Paris, on avait Francis…

Impossible is nothing…

Mais un joueur ne devient vraiment mythique qu’avec un évènement qui l’est tout autant! Sans celui-ci, Francis Llacer ne serait resté qu’un joueur moyen de notre championnat, ni plus ni moins… Or, aujourd’hui Francis représente bien plus que cela : il restera pour notre génération comme un exemple d’équation footballistique qui ne sera jamais résolue !

Sa carrière connut son apogée lors de la saison 1994-1995. Le club parisien se déplace à Caen. «Cisco» est démarqué sur son côté droit. Il reçoit une longue passe à mi-hauteur. Il ne se pose pas de questions, ferme les yeux et d’une reprise de trente mètres aussi inattendue qu’extraordinaire, trouve la lucarne opposée. Filoche! Ce but restera à jamais gravé dans l’Histoire de notre cher championnat, si avare en gestes d’anthologie. Évidemment, l’histoire ne dit pas si le cerveau de notre bon vieux Francis lui avait commandé un dégagement en touche. Mais peu importe. À cet instant précis, le Dieu football ne fit qu’un avec le latéral parisien pour marquer un de ces buts dont on parle encore, plus de quinze ans après…

À jamais dans la légende…

Coridon et sa talonnade retournée, Cisco et sa reprise sortie tout droit d’un manga… Les plus grands n’ont visiblement pas le monopole des buts d’anthologie. On se souvient tous de l’échappée de Maradona ou plus récemment de celle de Léo Messi, des volées de Van Basten ou de Ronaldinho, des lobs des numéros 7 mancuniens, Beckham et Cantona… Mais ils ne sont pas seuls ! Il y a les génies et les autres. Les ingénieurs et les ouvriers dixit Robert Nouzaret. Mais ces derniers aussi peuvent être capables de coups de génie. Et finalement c’est rassurant pour nous, footeux du dimanche qui avons tous en tête le but ultime. Un but forcément très personnel ! Et ce à quoi on pense chaque soir avant de se coucher, Cisco l’a fait et quoiqu’il advienne il appartient d’ores et déjà à la postérité…

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Auteur : Titielbobo
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