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Culture foot, Médias

Lettre à Yoann Gourcuff

Cher Yoann,

En ce début 2016, tu viens de réaliser un exploit encore jamais vu.
Non, on ne parle pas de tes quelque 300 jours d’absence des terrains (série en cours) qui ne sont vraiment pas grand-chose par rapport à ton plus sérieux rival par exemple, le grand Diaby alias Abou la légende.

On ne parle pas non plus du fait que tu vas devenir papa car, on ne va pas se mentir, t’avais quand même plutôt de bonnes prédispositions pour te trouver quelqu’un (en plus t’as plutôt bien choisi, big up à toi).

Tes baisses de salaires à répétition ? Non, on ne va certainement pas te donner une médaille pour gagner désormais 60.000 euros par mois, même si ça correspond à une division par 8 de tes émoluments - c’est à peine si on n’aurait pas envie de te féliciter d’avoir réussi à signer un nouveau contrat pro malgré ton statut de Casper du foot.

Non Yoann, l’exploit que tu as réalisé cette année est bien plus grand que tout cela. Il récompense ton abnégation, ta régularité et ta détermination à être absent des terrains, le tout dans un mélange quasi-cantonesque de panache et de détachement.

On te dit que tu es guéri ? Tu réponds que tu as mal. On t’annonce que tu peux reprendre ? Tu rétorques que tu n’es pas prêt. Tu es transféré à Rennes pour prendre un nouveau départ ? Tu fais expliquer que c’est de la faute de l’OL si tu as une blessure de danseuse. De danseuse, bon sang !

Mais aujourd’hui, tu récoltes les fruits de tout ce que tu as semé (on ne parle plus de ton gosse là, suis un peu) en obtenant rien de moins que ton troisième Ballon de Plâtre, ce que personne n’avait encore jamais fait. Mieux, tu réalises un doublé tout aussi inédit en parvenant à conserver ton prestigieux titre de joueur le plus blessé de l’année. Enfin, cerise sur le gâteau, tu fais tout cela avec un soutien populaire jamais vu puisque plus de 60% des votants t’ont élu contre 43% « seulement » en 2014 - et Dieu sait à quel point c’est difficile pour le sortant de se faire réélire.

L’an passé, on écrivait que ta nouvelle ligne au palmarès de Plâtre ne serait peut-être pas la dernière. Cette année encore, on a envie de renouveler la prophétie et de te donner rendez-vous dans un an. D’ailleurs, sache qu’au 5ème Ballon de Plâtre gagné, tu auras le droit de garder définitivement le trophée (promis on l’aura créé d’ici-là). Tu sais donc ce qu’il te reste à faire : surtout ne change rien !

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