César Luis Menotti naît le 5 novembre 1938 à Rosario. «El Flaco», son diplôme de Chimie en poche entame une longue carrière dans le football. Il défend une idée romantique du football. Un jeu au service de l’émerveillement du public. Le beau jeu comme postulat. Les résultats suivront. Construction contre destruction. Le beau contre le laid. L’élégant opposé au disgracieux. L’offensif au défensif. Football de gauche contre football de droite. Il appartient à la caste de ces entraineurs qui ont théorisé et intellectualisé le football. Ses fils se nomment Angel Cappa, Marcelo Bielsa, Juan Manuel Lillo ou Pep Guardiola… Un football où «culture» n’est pas un gros mot. Voici 30 phrases cultes de César Luis Menotti :
- «Le football est si généreux qu’il nous a évité que Bilardo se consacre à la médecine.»
- «90% des joueurs d’aujourd’hui ne savent pas jouer au football entendu dans le sens d’un jeu collectif.»
- «Le but doit être une passe au filet.»
- «La tactique n’est que programmation. La programmation n’a pas de sens dans le monde de l’action, où l’imprévu prend place. Tu peux mettre une tactique en place puis intervient l’imprévu et tu jettes à la poubelle la tactique.»
- «Antonio Sastre a été le meilleur joueur que j’ai vu jouer dans ma vie. Il était capable de jouer à tous les postes. Pas en jouant les pompiers, non. Sur tout le terrain il était le meilleur.»
- «Le double 5 est un mensonge. L’équilibre supposé exige plus de joueurs de récupération que de créatifs. Le ballon ne se récupère pourtant pas avec plus de joueurs mais en réduisant les espaces, comme le faisait la Hollande de Cruyff.»
- «Messi possède un grand avantage : il est brillant dans les 15 derniers mètres, et ça c’est unique. Pour moi Messi est un grand joueur dans les 15 derniers mètres et un joueur plein de défauts quand il joue à 50 mètre du but adverse.»
- «Le gardien de but doit avoir une bonne détente, de l’agilité et une bonne coordination neuromusculaire. La combinaison parfaite serait un gardien avec le meilleur de Fillol et de Gatti.»
- «Messi nous a encore rien donné… nous attendons qu’il gagne le match mais le match c’est l’équipe qui le gagne, pas un joueur.»
- «Les deux défenseurs centraux ne peuvent jamais être sur la même ligne. Là où deux joueurs s’alignent latéralement ils portent atteinte au fonctionnement de l’équipe.»
- «Ton devoir n’est pas d’être champion du monde, ton devoir est de savoir quelle est l’idée (de jeu).»
- «On peut arrêter de courir ou sortir du jeu pendant de longues minutes; la seule chose que l’on ne peut pas arrêter de faire est penser.»
- «Quand un joueur s’offre une aventure, une aventure individuelle, il faut être prêt à revenir au rythme de l’équipe au moment où s’arrête cette aventure, cela se termine bien ou mal, peu importe. Cela arrive aussi à Kaká. Kaká dirige seulement son propre rythme et ne revient jamais au rythme de l’équipe. C’est pour cela qu’il n’atteindra jamais les quatre grands.»
- «Les Italiens ce n’est pas qu’ils défendent bien, c’est qu’ils défendent à beaucoup.»
- «Pour moi le Barça c’est Iniesta et 10 autres.»
- «Parfois j’ai pensé que ce qui est arrivé à Rijkaard ressemble à ces personnes qui s’habillaient bien quand elles avaient deux costumes, mais qui, quand elles ont beaucoup d’argent et peuvent choisir; elles se perdent. Peut-être que tous ces joueurs lui ont fait perdre la tête. Avant il y avait seulement Deco, Ronaldinho, Xavi et quelques autres. Après, sont arrivés Henry, Iniesta, Bojan, Messi… beaucoup de bons joueurs.»
- «J’aime beaucoup Klose, l’Allemand, il joue, contrôle passe, têtes… Drogba est un joueur plus dur. Mais cela dépend du Football que tu veux faire. Si tu as Palermo et personne pour lui envoyer des centres, tu joues à dix.»
- «Dortmund n’arrive pas à tenir le coup dans les matches importants. Ils jouent en smoking, mais quand il n’y a plus que 15mn de jeu et que la fête commence à devenir épuisante, ils ôtent leurs beaux costumes, enfilent des salopettes, et c’est là qu’ils jouent le plus mal.»
- «Depuis 1979, je vais tous les ans à Munich, je suis invité à beaucoup de fêtes. Je ne sais plus quel imbécile de journaliste Argentin a dit qu’après 18h, à Munich, tout le monde est au lit. Ce crétin ne connaissait probablement pas les nuits et les femmes munichoises, il devait vivre dans une cave.»
- «Gago, ils l’ont recruté pour tant d’argent que dès fois, ils attendent qu’il résolve tout, tout seul, en deux matchs.»
- «Il existe un malentendu à propos des entraineurs que l’on appelle «travailleurs». Que signifie travailler pour un entraineur ? Passer deux heures sur le terrain à diriger une séance d’entrainement avec son sifflet ? Non, pour moi les joueurs travaillent mieux ou moins bien mais ne travaillent pas plus ou moins. Trop de répétition, comme en musique, fait que les joueurs finissent par s’embrouiller et ne plus rien comprendre à l’entrainement. Cela me surprend ces entraineurs qui remplissent leurs carnets de notes pendant les matchs. Je paierai des millions pour lire ces notes. Qu’est-ce qu’ils peuvent écrire ?! L’heure de rdv chez le dentiste, le programme de télévision qu’ils doivent regarder pendant la semaine… qu’est-ce que j’en sais ?! En vérité cela me dépasse…»
- «Quand j’ai commencé à jouer au Rosario Central nous étions interdits de célébrer un but marqué sur penalty. Celui-là tout le monde peut le marquer.»
- «98% des journalistes ne comprennent pas le football. Mais ils n’ont pas à le comprendre. Cela suffit de savoir ce que ressent le public. Même des gens comme nous qui depuis 40 ans essaient d’y trouver une logique ne parvenons à la comprendre. Ici ce que l’on rejette c’est cette autorité proclamée pour dire : «si c’était moi, j’aurais fait jouer Fulano…» Ceci est un manque de respect qui ne correspond pas au journalisme.»
- «J’ai l’autorité, l’éthique et la morale suffisante pour venir dire que depuis 1979 le football requiert une restructuration, un débat plus profond et sérieux.»
- «Le manque de motivation de la sélection Argentine est une connerie. Aucun joueur ne rentre sur le terrain pour jouer du tambour ou en pensant à la Pizza qu’il va manger après le match.»
- «Si tu mets un chronomètre, l’Argentine a couru beaucoup plus que le Brésil. Et qu’est-ce que cela a à voir ? Il faut être plus sérieux que ça. L’équipe ne gagne pas parce qu’elle joue comme un cul. Ne nous foutons pas de notre gueule.»
- «Un entraineur doit générer une idée, il doit ensuite convaincre que c’est cette idée qui va l’accompagner dans sa quête de l’efficacité, puis trouver avec le joueur un accord afin que, dans l’adversité, il ne trahisse pas cette idée. Ce sont les trois prémisses d’un entraineur. Napoléon n’était pas un tacticien, mais un stratège. S’il fallait qu’il change, il changeait. Cela vaut aussi pour le foot.»
- «Mourinho il y en a beaucoup, Guardiola il y en a qu’un…»




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