Cette fois, on peut officiellement affirmer ce qu’on annonçait officieusement depuis longtemps : l’Espagne est la meilleure équipe du monde. Sans exploiter au maximum son toque de fou, à cause notamment d’un réalisme guivarchien, la Roja a tout de même enfin atteint son rêve avec cette victoire face à la nation qui lui a tout appris. Le destin est parfois cruel. Décrassage final.
À l’image d’un Albertini qui regrettait en 1998, à l’issue d’un quart de finale perdu, d’avoir «créé un monstre», les Pays-Bas s’en voudront peut-être longtemps d’avoir été à l’origine de cette énorme machine à tout casser qu’est devenue l’Espagne. Enfin, quand il s’agit de tout casser, y’a aussi du monde chez les Oranjes, merci pour eux. On pense évidemment au gang des Van Bommel, Van Persie et autres De Jong, auteurs de multiples attentats impunis que même Julien Rodriguez et Franck Jurietti n’auraient pas cautionnés. Et quand le plan Vigipirate est défaillant comme il l’a été durant cette finale, les victimes innocentes sont nombreuses. En l’occurrence, nous, condamnés à un spectacle catastrophique pour ce qui est censé être la crème de la crème. Mais bon, M. Webb n’est pas le héros de «Kill the Referee» pour rien.
N’empêche que malgré cet antijeu caractérisé prôné par les Néerlandais, les Espagnols ont quand même pas mal taquiné le «Jo’bulani» spécialement conçu pour l’occasion. Mais cette fichue contrainte qui les empêche de frapper à plus d’1,50 mètre du but les a sacrément handicapés, surtout dans un soir où Villa s’est complètement Torres-isé. Ce succès à l’arrachée reste toutefois une belle fable à raconter à nos gosses puisqu’à la fin, ce sont les gentils qui gagnent. Des gentils qui peuvent quand même remercier leur bonne étoile de champions du monde d’avoir poussé Robben à croquer comme pas permis.
Que ce soit un gars comme Iniesta qui marque le seul but de la finale, au bout des prolongations, renforce aussi ce côté exemplaire de la victoire espagnole et fait oublier que ce même Iniesta a frôlé la «spéciale Zidane» comme on dit dans le jargon, en pétant (un peu) un câble sur Van Bommel, le Materazzi 2010. Mais il n’y avait rien à faire. Il était écrit quelque part, probablement à l’encre de poulpe, que les Pays-Bas ne seraient que les champions du vice et que l’Espagne, elle, renforcerait son hégémonie footballistique. Il y a douze ans jour pour jour, un autre règne commençait. Espérons que celui de la Sélección se termine moins mal…




Pas de commentaires