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À la Bloemfontein

Allez, rideau, on remballe, circulez, y’a plus rien à voir. Le cirque Équipe de France a livré l’ultime représentation de sa tournée mondiale et autant dire que le triomphe est total, le public en redemande. Mais il faut savoir se retirer en pleine gloire. La dernière fut en tout cas digne d’un vrai bouquet final récompensant 12 jours absolument incroyables et elle mérite un bon décrassage.

On joue comme on s’entraine

France-Afrique du Sud restera quoi qu’il arrive une excellentissime illustration de cet adage, extrait du best of des grands classiques des phrases du foot. Et oui, arriver à l’arrache sur le terrain, après une nuit blanche, un lendemain de cuite, avec des grosses lunettes de soleil et une indispensable bouteille d’eau, juste avant de jouer un match de foot, ça ne marche qu’en 2e division de district. À la Coupe du Monde, même contre l’Afrique du Sud, ça ne suffit pas. Résultat, passées les 12 premières minutes d’euphorie, tout le monde a les jambes lourdes, personne ne se déplace ensemble et on se retrouve baladés par des Bafanas Bafanas qui ne demandaient pas tant de politesse de la part des Français. Si, en plus, le gardien passe en mode Vercoutre, ça se transforme en catastrophe. En tout cas, le comité Jean Fernandez des entraineurs passionnés remercie les Bleus pour cette démonstration implacable.

Le successeur

Comme en 2006, le meneur de jeu de l’équipe de France termine sa Coupe du Monde sur un carton rouge. Bon, là, c’est pas en finale, c’est pas aussi flagrant que Zizou et c’est pas le dernier match de la carrière de Gourcuff, mais pour ceux qui aiment voir des symboles partout, c’est du pain béni. Ceci dit, on aurait plutôt vu un jaune qu’un rouge pour le Bordelais parce que nous, on aimerait bien l’y voir le Duga à attaquer cette balle sans les bras. Mais on n’était plus à ça près. D’ailleurs, on se demande si la non-protestation de Gourcuff était un signe de résignation ou de soulagement… Toujours est-il que ce match si mal engagé n’avait aucune chance de s’arranger à 10 contre 11, avec un Ribéry et un Gignac hyper offensifs, abandonnant lâchement Diarra et Diaby au milieu, et un Cissé soit hors-jeu, soit bourrin à outrance (comme quand on l’a quitté, quoi). Les adieux d’Henry et l’entrée de Malouda auront un peu rééquilibré l’affaire. Mais celle-ci était déjà emballée et pesée depuis trop longtemps.

To be continued…

Avant le match, il aurait fallu un petit «Previously on Les Bleus in South Africa» parce que finalement, les scénaristes de LOST n’auront pas mis longtemps à retrouver du boulot. Le match avait, lui, tout d’un season (series ?) finale ! Ça a commencé avec le retour des gentils et le bannissement des méchants, puis la rédemption des rescapés (Ribéry qui joue un brin plus collectif). L’illusion du plan sans accroc a suivi, avec l’occase de Gignac, mais l’élément perturbateur du premier but à cause de la défaillance d’un des héros est un grand classique. La mort du personnage principal à la 26e était quand même le moment le plus inattendu de l’épisode et le plus émouvant aussi, à égalité avec l’hommage à la figure emblématique de la série, de retour en guest-star, et à qui on file même le brassard, en deuxième période. Histoire d’enfoncer le clou, les scénaristes ont ajouté un but de merde à 8 minutes de la mi-temps et c’était sans doute une erreur parce que là, ils ont un peu tué le suspense. D’ailleurs, ils s’en sont sûrement rendu compte vu qu’ils ont fait marquer Suarez pour l’Uruguay dans la foulée. Bah, tout le monde peut se tromper. En tout cas, ils avaient sans doute tout donné pour la première partie de l’épisode parce que la deuxième était chiante, hormis le petit sursaut du but de Malouda.

Mais cela ne pouvait pas s’arrêter comme ça. Après l’élimination officielle des Bleus, il fallait une sortie mémorable du chef de la bande. La poignée de main refusée à Parreira par Domenech (pour des raisons défendables mais bon, ça ne se fait pas quand même) restera comme l’apothéose d’une série qui aura duré 6 saisons. La deuxième était la meilleure, de très loin, malgré sa fin toute pourrie. Mais les changements de casting incessants, mêlés aux caprices des acteurs vedettes auront mené le show à sa perte. Et gare aux bonus exclusifs au DVD qui ne manqueront pas d’arriver, probablement très rapidement…

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