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Ce n’est pas pour des matchs comme Milan-Tottenham ou pour des joueurs comme Gattuso qu’on aime la Coupe d’Europe, mais plutôt pour des soirées comme celle de mercredi, simplement épique. Décrassage dans l’allégresse.
« Quel pied ! AH ! QUEL PIED !... OH ! PUTAIN ! », s’est exclamé un jour un grand philosophe du ballon rond, submergé par le bonheur et l’ivresse de la victoire. Ce mercredi, pour la majeure partie d’entre nous – et même si Arsenal est quasiment le 21e club de L1 – nous n’avons pas gagné, mais nous nous sommes quand même délectés d’un grand spectacle, que ce soit à Londres ou à Rome, et nous avons pris notre pied.
Évidemment, il s’agissait de deux styles différents : d’un côté, le bling-bling des superstars du foot, dans un stade dubaïote flambant neuf, associé à une qualité de jeu époustouflante et à un scénario renversant ; de l’autre, un stade tout pourri, une équipe en crise et un quatuor ukraino-brésilien qui met la zizanie. Mais, dans les deux cas, l’émotion était au rendez-vous. Que ce soit quand Messi réussissait une passe décisive au millimètre, au milieu d’une forêt de jambes, ou quand Douglas Costa ajustait du gauche un Doni impuissant. Mais aussi quand ce même Messi multipliait les mauvais choix et vendangeait comme jamais, ou quand Riise réalisait la plus belle et la plus cruelle chute de la semaine et offrait un but capital à son adversaire.
Oui, c’est pour ça qu’on aime le foutbale. Pour voir une équipe comme Arsenal, arc-boutée en défense, au bout du rouleau et à la limite de la rupture, arracher une improbable victoire grâce à un Valdès aux fraises et à un duo Nasri-Archavine plein de sang froid. Pour voir une frappe pleine lulu d’un Jérémy Ménez, seul joueur à surnager sur le Radeau de la Méduse romain, malheureusement pour lui insuffisante pour sauver la face et (probablement) son entraineur.
Et c’est aussi pour voir les matchs retour et les réactions de ces Barça et Roma vexés de leurs défaites respectives, indignes de leur rang, qu’on sera présents, devant nos télés pour la plupart, au stade pour les plus chanceux. Parce que même à 1-2 ou à 2-3, rien n’est impossible. Le Barça a largement les armes pour battre, voire surclasser, les Gunners (dont le rite de passage définitif vers l’âge adulte est programmé au Camp Nou), tandis que la Roma devra cravacher mais peut tout à fait créer la surprise à Donetsk. Parce « qu’on aura beau dire, on aura beau faire », le ballon sera toujours rond et son destin toujours incertain. This is football, tout simplement.
PP
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