Ces derniers temps, Befoot a pris l’accent anglais et porte un t-shirt à l’effigie de la Reine-Mère. Et il fallait donc obligatoirement faire référence à l’évènement qui émeut tout le peuple anglais en cette semaine automnale.
Ne nous en cachons pas, nous avons tous en nous un petit coté tordu et chacun d’entre nous serait bien tenté de se la jouer à la Mathieu Valbuena et de simuler sa propre mort afin de pouvoir assister à sa propre cérémonie funèbre. Aussi, pourrions-nous constater la tristesse sans fin de nos proches, pester contre les vautours venus simplement vérifier de leurs yeux que le cadavre en est bien un, ou se régaler de toutes les jolies voisines qui visiblement en pinçaient pour nous. Et si bien souvent, ce genre de manifestations baigne dans l’hypocrisie la plus totale, il demeure néanmoins qu’un individu delta pourrait déterminer très facilement au regard de la foule réunie et de la peine déployée en quoi et en quelle mesure le défunt a marqué ceux qui l’ont côtoyé. Ce lundi, dans un vieux patelin british à quelques bornes de Newcastle, l’émotion n’était pas feinte. Le défunt non plus. Malheureusement…
Oui, Sir Bobby Robson est mort et c’est toute l’Angleterre qui n’en finit plus de pleurer. Et au pays du football, ne doutez pas que la mort hollywoodienne de Mickael Jackson comparé à celle de celui qui fut le sélectionneur anglais lors des World Cup en Italie et au Mexique, c’est l’équivalent de la mort de Sim pour nous autres Français. A 76 ans, le mentor de José Mourinho s’est incliné après de longues prolongations dans le match injuste qui l’opposait au cancer depuis près de 17 ans. Là haut, lui l’amoureux du football, a néanmoins probablement apprécié de voir une dernière fois d’autres grandes figures du football telles que Sir Alex Ferguson, Fabio Capello, Sir Bobby Charlton, Gary Lineker, Paul Gascoigne ou encore Big Alan (Shearer), l’autre gloire locale…
C’est sûr, Sir Bobby Robson leur manquera. Pas forcément en souvenir de succès passés car le palmarès de Robson crie un peu famine. Non, le football anglais se souviendra de Robson de par son personnage entier et de par son approche presque romantique du football. Robson que ce soit aux commandes d’Ipswich Town, de la sélection anglaise, du Sporting Portugal du FC Porto, du PSV Eindhoven, du FC Barcelone ou bien de Newcastle a toujours prôné un football généreux porté vers l’avant.
Précurseur du foot anglais d’aujourd’hui, il fallait pourtant, avouons-le, être sacrément génial pour ignorer le sacrosaint kick’n rush britannique d’alors où la moindre passe courte à un coéquipier pouvait être fatal à ce dernier s’il ne parvenait pas à se baisser suffisamment tôt pour éviter les tacles coupes gorge au sens propre des Lee Dixon et Martin Keown d’antan. Robson c’est un peu de Guy Roux, un peu. C’est aussi un peu de Platini, de Wenger. Rien que ça. En Angleterre, tout le monde aimait donc Sir Bobby Robson. Parce qu’il représentait l’anglais à merveille. Bon vivant et fan absolu de foot. Mais on aimait aussi Robson parce qu’on ne m’identifiait pas totalement à un seul et unique club. Robson appartenait au football, tout simplement. Les anglais ont vu en sa mort l’extinction d’une ère. Celle d’un football qu’il leur plaisait davantage. Sans argent, moins édulcoré, plus convivial. La nostalgie demeurera éternelle. Sir Bobby Robson aussi…




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