A 36 piges, il attaque en pantoufle sa 18ème saison sous le maillot sain des Red Devils, et éventuellement sa dernière. «Il» c’est Paul Scholes : tout bonnement le meilleur midfielder que la terre d’Angleterre ait produite avec Gazza. L’histoire d’un fils de la balle dont le talent était inverse aux centimètres. Hommage.
Mon meilleur adversaire ? Scholes. Il est sans doute le meilleur milieu de sa génération (Z. Zidane)
«Scholes est le meilleur joueur de Premier League… Il sait tout faire» (T. Henry). «Il est l’incarnation de tout ce que je pense être le mieux dans le football» (B. Charlton). Des compliments sur Scholes, il en existe une tapée sans fin. Ils dressent un homme et son socle. Ils laissent entrevoir une légende silencieuse : celle d’un joueur les plus talentueux de sa génération et d’un modèle de loyauté dont l’histoire se colore de rouge et de noir.
L’ «Underated»
Et pourtant, Scholesy reste l’un des hall of famers les plus sous-cotés, l’un des moins starisés par le peuple foot y compris celui d’Old Trafford. Faute à une image clean look aux antipodes des people de la génération 2.0 qui nourrissent les tabloïds et claquent leurs romaines à la face du monde. Non Scholes n’a pas la gueule sexy d’un Spice Boy ou les cheveux gominés d’un CR9. Pis il a la bouille déconfite d’un Rooney et les cheveux carotte autant english que Nelson. Sa vie privée ? Scholes est marié depuis 1993 à son amour de jeunesse, botte en touche tous les interviews, décrit sa journée type avec des mots «entrainement», «thé», «enfant» et «télé». Has been. Sans étincelles. Scholes est en vérité un homme ordinaire au talent peu ordinaire : il reste un «down-to-earth Manchester lad» aux valeurs populaires et familiales immaculées. Un super-héros accessible. De ceux que les anglais appellent les man of the people. Et on voit ces héros-là encore plus géniaux que ceux que les publicitaires et les journaux portent en icones.
Le joueur total
Génial, Scholes l’est en deux mots : instinct et vision. Parce qu’il a l’instinct pour voir l’espace, savoir où va se déplacer le partenaire et la vision unique pour délivrer la passe la plus inattendue. Un exemple de perfection technique et de créativité que chérissent les puristes, admirent les adversaires et qui en font encore le «man of the game» du Community Shield 2011. Celui aussi d’un joueur qui joue avec sa molle plus qu’à l’accoutumée. Contrôler, passer et… marquer : Scholesy sait tout faire. Sa première saison titulaire, en 1996, il remplace le King déchu aux côtés d’Andy Cole et score 14 buts. ManYoo finit champion. S’il redescendra de quelques yards, il gardera cette habilité intacte pour sauver la maison rouge à moultes épisodes : du but de la finale FA Cup 99 contre Newcastle, en passant par les winning-goal du quart de C1 99 contre l’Inter et de demie 2008 contre Barca, Besiktas 2009, jusqu’à San Siro et City 2010.
Outre les blessures, le seul handicap de Scholes aurait été sa taille… s’il n’avait une ténacité à la limite et un penchant pour la semelle qui en font le joueur le plus averti de l’histoire de la C1. Un côté Jekyll, un ion dégénéré, qui lui valent une étiquette non fair-play par les défenseurs du Bien comme Arsène W et des sorties pénibles comme lors des finales contre Bayern et Chelsea.
Le role model
Et puis Scholes est unique pour sa loyauté. C’est un one-team player comme seul Maldini et… Giggs ces dernières années. Même s’il n’était pas des Butt, Becks, Neville et Giggs de la FA Youth Cup 1992, il est un Fergie babes AOC. Il incarne et perdure cette passion d’un club et du jeu dans l’esprit de l’ère Ferguson. Celle collectif qu’on sent transpirer des matchs de Premier League sous le soleil naissant des Sunday afternoon. De ces buts qui font bondir Fergie et essorent son chewing-gum. Celle qui fait que Paul joue en préretraite comme un gamin sur le tarmac. Avec l’enthousiasme et l’énergie inchangés des années du Catholic High School et d’Oldham Athletic. Comme ce gosse d’autrefois qui vivait toute la semaine pour son Sunday Game. A 36 ans, 2 Champions’ league, 9 Premier League, 3 FA Cup plus de 100 buts et 400 apparences en rouge et noir (4ème rang), ce ne sont ni l’argent ni les titres qui font voler ces héros-là. Ce Scholesy-là est éternel. Et bel et bien une légende.




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