En cette période électorale, la France se cherchait un guide. Avec près de 40% des voix, elle l’a peut-être trouvé en la personne d’Abou la légende. En même temps, avec une aura inversement proportionnelle à son temps de jeu, il semblait difficile d’empêcher Diaby d’empocher un deuxième Ballon de Plâtre.
Deuxième seulement ? Eh bien oui, car malgré un plan de carrière remarquable, notre Abou national a dû faire face à une concurrence quasiment insurmontable ces dernières années, celle du triple plâtré Yoann Gourcuff. Mais, tel un Roger Federer à Roland Garros, il a parfaitement su profiter de l’absence de son nemesis ultime pour gagner et recoller un peu au palmarès.
Attention cependant, car ce succès n’est pas par défaut, loin de là. On connait tous cette carte digne de Dr Maboul mais il est bon de rappeler aux étourdis à qui nous avons affaire (et même si c’est en anglais, les images parlent d’elles-mêmes) :
Non, clairement, ce titre est amplement mérité. Comme rappelé dans sa présentation, Abou Diaby a joué moins d’une minute par jour en 2016 - et même pas de but à l’entrainement à se mettre sous la dent cette année.
Le plus choquant dans cette photo finalement, c’est peut-être bien le fait que Diaby soit sous contrat avec l’OM (et non l’OM tout court, on vous voit ricaner). Car oui, malgré tous ses déboires, il a réussi à trouver un club, professionnel qui plus est, qui lui a fait confiance et c’est peut-être ça qui est le plus révélateur.
Car notre Ballon de Plâtre 2016 est un grand joueur, le nouveau Patrick Vieira, l’ancien Paul Pogba. C’est sans doute pour ça que personne ne veut se résoudre à regarder la réalité en face et que certains continuent de penser, comme Arlette Laguillier, que « cette fois, c’est la bonne » et qu’ils parviendront à le réparer. Mais tout le monde n’est pas Lassana Diarra.
En fin de contrat en juin prochain, la logique voudrait donc que la carrière d’Abou se termine dans son sommeil à 31 ans. Il sera alors temps de ressortir les vieux dossiers du style :
« Diaby n’est pas venu ici pour être à l’infirmerie. » [Dr Christophe Beaudot, médecin de l’OM]
« Il connait tellement bien son corps maintenant que je n’ai pas de conseil à lui donner sur un plan médical. » [Arsène Wenger]
« Abou, nous voulons te remettre sur pied en tant que joueur, et en tant qu’homme. Avec zéro pression pour toi, juste de l’affect. Si tu as joué zéro match en fin de saison, ce n’est pas grave » [Vincent Labrune]
« Abou est monté sur deux allumettes avec un point de colle au milieu…» [Guy Roux]
Pourtant, il est à noter que Diaby conquiert son second Ballon de Plâtre à la fin d’une année durant laquelle il aura réussi l’exploit, rendez-vous compte ma bonne dame, de jouer un match en intégralité (en avril dernier). Cette performance a priori tout à fait banale pour un joueur pro, il ne l’avait plus réalisée depuis février 2013… l’année de son premier Ballon de Plâtre. La remontada est en marche.





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